16-11-2005

Analyse des besoins et mise en place de formations.

Monsieur Le Préfet,

Je souhaite attirer votre attention sur l’importance d’une analyse permanente des besoins des personnes (et des entreprises) en matière de formation, afin de construire, évaluer et mettre en œuvre des réponses, et un parcours d’accès et de retour à l’emploi pour augmenter leurs chances de retrouver un travail en complétant ou diversifiant leurs profils professionnels.

Sur le bassin thiernois, avec plus de 47 % des actifs travaillant dans l’industrie ne possédant pas de diplôme de formation initiale supérieur au certificat d’études primaires, il faut aujourd’hui améliorer l’adaptabilité d’une main d’œuvre peu formée, peu qualifiée, et peu préparée aux mutations économiques. C’est pourquoi un large volet « social » est prévu dans le contrat de territoire sur le bassin thiernois, signé en juillet 2004, comportant, entre autres, un dispositif permettant d’analyser les besoins des personnes et des entreprises, de construire, évaluer et mettre en œuvre des réponses, et un parcours d’accès et de retour à l’emploi.

Aujourd’hui beaucoup de personnes se sentent désemparées face au manque d’offre correspondant à leur expérience, et recherchent une formation.

Pour ne prendre qu’un exemple, une des filières explorées par un public essentiellement féminin est « les services à la personne », reconnue comme constituant le secteur de l’économie française dont la croissance, en termes d’effectifs employés, est la plus forte. Le plan de développement des services à la personne présenté le 16 février 2005 doit permettre un développement de ces services. Cependant, les sessions de formations pour accéder au métier d’ « assistant de vie » sont toujours aussi peu nombreuses dans notre département : seule une session de formation pour 14 personnes est prévue, par l’AFPA, et les candidatures de la périphérie de Clermont-Ferrand « seraient prioritaires ».

Une priorité est donnée à la formation des jeunes sans qualification et des personnes les plus défavorisés bénéficiaires des minima sociaux. Les demandeurs d’emploi, qui ne répondent pas à ces critères peuvent rarement prétendre à une formation qui leur permettrait soit de compléter efficacement leur formation initiale, soit d’évoluer vers une nouvelle profession.

De plus, les offres en matière de formation sont extrêmement limitées, les demandes sont souvent rejetées sous prétexte qu’aucune formation n’est organisée dans le domaine souhaité, ou que les demandeurs sont trop nombreux par rapport au nombre de formations existantes.

Il me semble par ailleurs que l’impact de ce message négatif donné aux personnes qui ne trouvent pas de formation, ou qui ne peuvent en obtenir le financement est important.
Qu’il s’agisse de l’agence pour l’emploi, de l’AFPA, ou d’autres organismes dispensant de la formation, la réponse est souvent le même : « ce n’est pas possible ».
Quelle est la prise en compte des besoins pour la mise en place des sessions ? Doit-on se préoccuper uniquement des demandeurs d’emploi qui grossissent les cellules de reclassement ou s’intéresser plus généralement à un territoire donné et ses habitants ?

C’est pourquoi je vous remercie des précisions que vous pourrez m’apporter quant aux actions dont le développement serait prévu sur le bassin thiernois, et de me faire part, dans l’éventualité, des freins existants pour la mise en place de ces actions, notamment quant à leur financement.

Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur Le Préfet, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.

André CHASSAIGNE




Pour en savoir plus : André Chassaigne

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