13-10-2004

Avenir du transport ferroviaire de marchandises

Monsieur Gilles de ROBIEN
Ministre de l’équipement et des
transports
246, Boulevard St-Germain
75700 PARIS


Monsieur Le Ministre,

Je souhaite attirer votre attention sur la situation du transport ferroviaire de marchandises.

L’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire, l’abandon de la notion de service public en matière de fret, conduisent à une approche purement comptable, avec comme seul objectif l’équilibre des comptes et la rentabilité.
Ainsi, dans son plan de réorganisation du fret, la SNCF privilégie les grands axes ferroviaires et cherche à se désengager des trafics plus diffus, dits « non rentables » ou « insuffisamment rentables ». La méthode est simple et efficace : elle consiste à proposer des hausses de tarifs pouvant aller jusqu’à 100 ou 150% !
A titre d’exemple, cela a déjà conduit en Région Auvergne au transfert sur route de plusieurs trafics important et la menace pèse sur d’autres. C’est le cas notamment du transport des eaux minérales, trafic très important à destination de la France entière où la hausse proposée est de 150%.
Cela conduirait à une rotation de plusieurs centaines de camions par jour… en sachant que 1800 tonnes égalent 50 camions… sur des routes de montagne souvent enneigées, en plein cœur d’un parc naturel régional, et traversant nombreuses villes et villages.

Prend-on en compte, dans une telle situation, le coût de l’entretien des infrastructures routières pour les collectivités ?

Que fait-on de la sécurité routière, pourtant cheval de bataille du Gouvernement, quand on met des centaines de semi-remorques sur des routes de montagne ?
Quelle prise en compte des conséquences sur l’environnement et sur les populations alors que les études se multiplient pour confirmer l’incidence de la pollution due à l’émanation des gaz d’échappement sur la santé de la population ?

Sans oublier bien sûr les conséquences économiques en terme d’aménagement du territoire : le risque est grand et bien réel de voir un certain nombre d’entreprises installées en milieu rural faire le choix de la délocalisation, fragilisant un peu plus des bassins d’emplois souvent en difficulté.

L’avenir du transport ferroviaire du fret n’est pas une simple question de rentabilité financière, elle a des incidences importantes sur l’aménagement du territoire, la sécurité et la santé, sur l’environnement. Il est reconnu de tous que la pollution due au gaz d’échappement joue un rôle important dans ce que l’on appelle l’effet de serre.

De plus, un recul du transport ferroviaire au profit du tout routier, comme le laissent craindre le plan fret mais aussi les restrictions budgétaires décidées par le gouvernement, entraînerait le gel d’une grande partie des investissements d’infrastructures ferroviaires et serait à long terme une politique suicidaire.

Aussi, je vous remercie de me préciser quelles dispositions concrètes vous comptez prendre pour soutenir le trafic fret ferroviaire, son développement, et bien sûr pérenniser les trafics existants.

En espérant que vous porterez le plus grand intérêt à cette demande, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de ma plus haute considération.

André CHASSAIGNE

Pour en savoir plus : André CHASSAIGNE

Imprimer