21-12-2004

Baisse du revenu paysan.

En 2004, le revenu moyen des agriculteurs français a chuté de près de 4% par rapport à 2003, année pourtant marquée par de graves aléas climatiques. Depuis 1998, les revenus des agriculteurs ont ainsi diminué de près de 15%. Combien de Français pourraient supporter une baisse aussi forte de leur revenu ?
Cette dégradation continue de la situation économique et sociale de l’agriculture n’est pas la conséquence de contingences climatiques sur lesquelles nous n’aurions aucune prise.

Avant tout, cette baisse est la conséquence de la « réforme » de la politique agricole commune de 1992, axée sur un seul objectif : la baisse des prix agricoles. Cette politique suicidaire pour l’emploi agricole est aujourd’hui exacerbée par la réforme de 2003, qui pousse jusqu’à son terme la logique libérale de la réforme de 1992. Elle est, malheureusement, une « réussite » : en 2004, les prix des pommes de terre ont baissé de 30%, ceux des céréales de 20% et ceux des légumes de 13%.
Les offices, instruments de gestion des marchés, sont démantelés peu à peu. La dépendance des agriculteurs à l’égard de l’agrobusiness est confirmée par la hausse du prix de 3% en moyenne des intrants. L’Union européenne confirme chaque jour sa volonté de placer notre agriculture sous les fourches caudines de l’organisation mondiale du commerce.

Seule la persévérance des responsables français et communautaires à soumettre notre agriculture au régime sec du libéralisme peut donc expliquer cette nouvelle et insupportable baisse du revenu des paysans. Le fait que ces mêmes responsables cherchent en sus à institutionnaliser cette politique libérale en faisant adopter le projet de constitution européenne ne peut que soulever de plus fortes inquiétudes chez les agriculteurs.

Les agriculteurs français ne survivront pas à cette politique. D’autres choix s’imposent pour préserver une agriculture de qualité, familiale et riche en emplois : avant toute chose, le travail des paysans doit être rémunéré à sa juste valeur.

Face à cette situation, il devient urgent de prendre à bras le corps la question des prix agricoles. A ce titre, nous demandons l’organisation au plus vite d’un « Grenelle » des prix agricoles.

Pour en savoir plus : André CHASSAIGNE

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