24-06-2015

Conséquences de la disparition des heures pleines de latin et de grec ancien dans le cadre de la réforme du collège

M. André Chassaigne interroge Mme la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche sur les conséquences de la disparition des heures pleines de latin et de grec ancien dans le cadre de la réforme du collège.

En effet, la réforme prévoit la dilution des heures pleines de latin et de grec ancien en « projets » dans les heures d’enseignement pratique interdisciplinaire (EPI). Les enseignants de langues anciennes, mis devant le fait accompli, ont très vite fait part de leur grande inquiétude face à cette perspective qu’ils estiment correspondre à l’arrêt de mort de l’enseignement de leurs matières, déjà peu valorisées.

En effet, les EPI correspondent à des modules aux horaires réduits, de 1 à 3 heures par semaine, qui sont supposés rendre les langues anciennes plus abordables en donnant la possibilité aux élèves de reprendre ou d’arrêter cet enseignement à chaque semestre. Le risque encouru est la mise en place d’un enseignement « à la carte », une sous-matière en pointillé, impossible à enseigner dans la continuité à des groupes d’élèves à plusieurs vitesses. Pour les enseignants, ce « saupoudrage » sans programme défini marque la fin de l’enseignement des langues anciennes et la disparition des rares professeurs de lettres classiques qui existent encore dans le secondaire, notamment dans les zones d’éducation prioritaire.

Les enseignants insistent, à juste titre, sur le fait que ces enseignements tiennent une grande importance dans la formation de l’esprit critique, dans la connaissance des fondements de la démocratie, de l’histoire de l’Europe et de la construction de la pensée, et la maîtrise du langage et de la langue française.

En conséquence, il souhaiterait connaître sa position sur le maintien de ces enseignements en heures pleines au sein du collège.


Question N° 81389 Question publiée au JO le : 16/06/2015 page : 4448


Voir la question + la réponse (si parue) sur le site de l’AN.

Pour en savoir plus : André Chassaigne - JB

Imprimer