22-06-2011

Contrôle technique pour les cyclomoteurs

M. André Chassaigne attire l’attention de M. le secrétaire d’État auprès de la ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement, chargé des transports, sur l’instauration d’un contrôle technique pour tous les cyclomoteurs.

En effet, lors du Comité Interministériel du la Sécurité Routière (CISR) du 18 février 2010 il a été décidé d’instaurer un contrôle technique pour tous les cyclomoteurs à compter de 2012.

Les collectionneurs et amateurs de cyclomoteurs anciens sont inquiets des conséquences de cette mesure qui leur paraît aberrante, et qui n’a aucun impact sur les accidents de la route. Ce sont en effet des véhicules qui roulent peu, et les propriétaires et amateurs de ces véhicules sont très attachés au bon état de leurs machines.

Les propriétaires ne feront plus rouler leurs machines, compte tenu des contraintes : déplacement vers les centres de contrôle techniques, coût des contrôles, etc… Déjà, beaucoup d’amateurs n’ont pas immatriculé leurs cyclomoteurs au regard des difficultés administratives. Cette mesure menace donc un grand nombre de manifestations dédiées à ce « patrimoine mécanique roulant » qui ne porte aucune responsabilité dans les accidents de la route.

Il lui demande les motifs de l’instauration d’une telle mesure et s’il envisage son aménagement ou sa suppression avant son entrée en vigueur en 2012.

Réponse ministérielle du 26/07/11 :

Le comité interministériel de la sécurité routière (CISR) qui s’est tenu le 18 février 2010 a notamment décidé, dans le souci de sécuriser l’usage des cyclomoteurs, d’instaurer un contrôle technique obligatoire de ces véhicules tous les deux ans, à compter de la deuxième année de leur mise en circulation, centré notamment sur le bridage.

Les textes réglementaires sont en cours de préparation. Ils fixeront en particulier les points de contrôle des cyclomoteurs et la date de mise en place de ce contrôle. Plus généralement, le contrôle technique périodique des véhicules à moteur est désormais applicable aux véhicules dont le certificat d’immatriculation porte la mention « véhicule de collection ». En contrepartie de cette exigence, ces véhicules peuvent librement emprunter l’ensemble des voies ouvertes à la circulation publique sur le territoire national.

Les cyclomoteurs anciens sont donc effectivement concernés par le contrôle technique périodique mais la procédure du contrôle qui leur sera applicable tiendra compte des caractéristiques particulières des véhicules présentés au contrôle et classifiera les cyclomoteurs de collection en fonction de leur âge, les plus anciens ne pouvant évidemment pas répondre aux exigences utilisées pour les véhicules les plus récents. Les plus vieux véhicules (bénéficiant ou non de l’usage véhicule de collection) sont utilisés sur de courtes distances à de faibles vitesses et à des fréquences peu élevées.

Néanmoins, l’état général d’un véhicule ne dépend pas uniquement de sa fréquence d’utilisation ou de la vitesse à laquelle il est utilisé car certains éléments s’usent aussi avec le temps (joints caoutchouc, oxydations diverses des parties métalliques, connexions électriques,…), ce qui nécessite un contrôle régulier de cet état. Dans ce cadre, l’exigence d’un passage en contrôle technique de ces véhicules ne remet pas en cause leur existence en sachant par ailleurs que la plupart des propriétaires de ces véhicules restent très soucieux de maintenir ces objets de collection dans un état d’usage plus que satisfaisant.

L’aménagement de la périodicité des contrôles de ces véhicules anciens est actuellement à l’étude, à l’image de ce qui est réglementaire pour les voitures et les poids lourds pour lesquels la périodicité a été portée à cinq ans. Par ailleurs, l’immatriculation des cyclomoteurs répond à des enjeux de police et de sécurité routière. Les difficultés évoquées sont marginales et pourront être appréhendées au cas par cas.

Ces nouvelles obligations réglementaires sont les mêmes que pour les autres catégories de véhicules de collection et ne sont pas de nature à remettre en cause le patrimoine industriel qu’ils représentent.

Question écrite n° 111744 publiée au JO le 21/06/11 - Réponse publiée le 26/07/11

Pour en savoir plus : André Chassaigne - CG

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