27-06-2014

Elevage allaitant : conséquences de l’installation d’ateliers d’engraissement de très grande taille

M. André Chassaigne attire l’attention de M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement, sur les conditions et les conséquences de l’installation d’ateliers d’engraissement de très grande taille.

Un atelier d’engraissement pouvant contenir 1 000 taurillons est en cours d’installation sur la commune de Saint-Martial-le-Vieux dans le département de la Creuse. Porté par la SAS Allianc-Millevaches et soutenu par l’industriel SVA Jean Rozé, filiale d’Intermarché, il est destiné à accueillir pour l’engraissement les bêtes de près de 50 éleveurs.

Ce projet bénéficie notamment du soutien à hauteur de 400 000 euros du plan local de redynamisation afin de pallier le départ des militaires, de celui de 225 000 des collectivités territoriales, et d’un emprunt de 350 000 euros contracté par l’intercommunalité auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Outre l’ampleur des soutiens publics dont il bénéficie, il s’agit, après le projet de la ferme des 1 000 vaches laitières dans la Somme, de favoriser l’implantation de structures de très grande taille afin de répondre aux besoins de grands groupes industriels et de la distribution, sans lien avec les possibilités d’engraissement et de transformation du territoire. Son implantation géographique et les conditions de l’engraissement sont d’ailleurs déconnectées des possibilités d’approvisionnement local en alimentation animale. Les responsables du projet ont d’ailleurs clairement fait part d’un approvisionnement en soja d’importation. Le but affiché est bien entendu de réduire les coûts de production au plus bas.

Aussi, s’il apparaît indispensable de soutenir l’engraissement en France des bovins allaitants, les soutiens apportés à ce type de projets interrogent sur la volonté réelle de favoriser une agriculture à taille humaine, relocalisée, fondée sur une double efficacité environnementale et écologique.

Les conséquences de telles implantations pour les producteurs locaux, voire régionaux, notamment en termes de fixation des prix d’achat, d’installation de jeunes agriculteurs et d’organisation des filières ne semblent pas avoir été réellement évaluées.

Un tel modèle de développement agricole accélérerait sans aucun doute le rythme de disparition des exploitations allaitantes traditionnelles.

En conséquence, il souhaiterait connaître sa position au regard de ce projet, et quelles mesures il compte prendre pour éviter de telles dérives et préserver l’avenir des producteurs locaux au regard des systèmes d’élevage très intensifs. Il lui demande également s’il compte prendre des initiatives afin d’encadrer les conditions d’implantation et d’élevage de structures d’engraissement de ce type, allant jusqu’à l’interdiction en France et en Europe.


Question N° : 57875 Question publiée au JO le : 24/06/2014 page : 5089


Voir la question + la réponse (si parue) sur le site l’AN.

Pour en savoir plus : André Chassaigne - JB

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