06-11-2013

Energie : ruptures d’alimentation en cas de grand froid cet hiver

M. André Chassaigne interroge M. le ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie sur les opérateurs de réseaux GRT gaz et RTE, en charge de l’équilibre entre fourniture et consommation, qui annoncent, d’ores et déjà, des ruptures d’alimentation en cas de grand froid cet hiver.

En gaz, les stockages souterrains, prévus pour assurer l’approvisionnement l’hiver, sont de moins en moins remplis. Les fournisseurs de gaz favorisent la vente, dans le continent asiatique, du gaz naturel liquéfié pour des raisons économiques, ce qui a pour conséquence un assèchement de l’arrivée à l’ouest par le terminal de Montoir de Bretagne, entraînant de forts risques de rupture de desserte.

En électricité, la production française ne peut pas à elle seule assurer les pics de consommation hivernaux, malgré l’obligation des différents fournisseurs à assurer la continuité d’alimentation.

La déréglementation européenne de l’énergie, sensée être bénéfique aux usagers, se révèle catastrophique, tant en matière de coût de l’énergie qu’en matière d’approvisionnement. Les grands énergéticiens organisent la pénurie, choisissant les marchés les plus lucratifs et se souciant uniquement de la rentabilité de chaque élément de production. Ils font ensuite pression auprès des pouvoirs publics afin de se faire rémunérer l’approvisionnement lors de pointe par un système de subventions, en gaz, pour le remplissage des stockages nécessaires au passage hivernal et en électricité, pour conserver les centrales thermiques en exploitation. Il s’agirait de subventionner, à grand renfort d’argent public, ces groupes qui dégagent d’énormes profits et qui distribuent de très gros dividendes à leurs actionnaires.

EDF, dont le résultat net est de 3,3 milliards d’euros pour l’année 2012, distribue 2,3 milliards à ses actionnaires ; GDF Suez distribue 3,74 milliards d’euros de dividendes pour un résultat net de 3,8 milliards d’euros. La « libéralisation » de l’énergie est un échec économique, industriel, environnemental et social, elle entraînera une pénurie et des coûts exorbitants pour les foyers français et européens.

Il lui demande quels moyens seront mis en œuvre, afin d’assurer une continuité de la fourniture des énergies, en période hivernale, et ce sans surcoût ni pour l’État, ni pour les foyers.


Question N° : 40454 Question publiée au JO le : 22/10/2013


Voir la question + la réponse (si parue) sur le site de l’AN.

Pour en savoir plus : André Chassaigne - LC

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