13-10-2004

Future loi d’orientation sur l’école.

Monsieur le Ministre de la Jeunesse, de l’Education nationale et de la Recherche,

Hier, la commission Thélot a rendu son rapport au premier ministre.

Après un débat mascarade et le départ de plusieurs membres de cette commission qui ont constaté que les dés étaient pipés d’avance, nous disposerions des fondements de la future loi d’orientation sur l’école.

L’inquiétude est grande sur cette loi d’orientation qui pourrait programmer le futur démantèlement de notre système éducatif.

L’objectif affiché est de garantir un parcours de réussite pour chaque élève.

Mais faut-il pour cela tirer vers le bas l’offre éducative, instaurer une sorte de SMIC scolaire fondé sur une orientation précoce ?

Faut-il pour cela allonger le temps de service des enseignants du secondaire sans répondre aux besoins de médecins scolaires, d’infirmières, d’assistantes sociales, de psychologues, de personnels éducatifs ?

Ainsi, plutôt que de chercher à élever le niveau culturel de tous les élèves, la seule ambition de notre système éducatif devrait être, désormais, de former une masse de travailleurs précaires et flexibles au savoir minimum. Votre objectif ne serait-il pas en fait de justifier la rigueur budgétaire au motif que l’importance des moyens est secondaire ?

Diffuser un savoir au rabais pour des droits sociaux au rabais, tout cela est d’une implacable cohérence.

Nous pensons quant à nous que la réussite scolaire pour tous, la démocratisation de notre enseignement, ne passent pas par l’élitisme, le fatalisme et le passéisme. Aussi, notre groupe portera dans ce débat des propositions ambitieuses et efficaces.

Ma question est simple : allez-vous enfin répondre aux attentes et aux inquiétudes exprimées par nos concitoyens et relever le défi d’une école adaptée à notre temps et permettant la réussite de tous.


REPONSE du Ministre :

M. François Fillon, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche - Je ne retiendrai de votre intervention que votre promesse de nous faire des propositions pour cette réforme si importante. Cessez de caricaturer notre action ! Le débat a eu lieu, un million de personnes ont été consultées. Leurs conclusions n’ont pas été les mêmes que les vôtres, ce qui n’empêche pas ce débat d’avoir été le plus important organisé sur l’école depuis bien des années.

La commission Thélot a fait des propositions, sur lesquelles le Gouvernement ne s’est pas engagé, mais qui n’ont rien à voir avec le tableau que vous en dressez. Le socle de connaissances fondamentales n’est pas un SMIC culturel, mais la reconnaissance du fait que la maîtrise de la langue française, du calcul, ou d’autres notions de base est absolument indispensable à la poursuite des études. La réforme du statut des enseignants ne signifie pas un accroissement de leur charge de travail, mais la reconnaissance de leur rôle en dehors des cours ; la commission propose du reste de les rémunérer pour cela.

Cela étant, ce rapport n’engage pas le Gouvernement : c’est au Parlement de décider à partir des propositions que celui-ci lui fera, et je me réjouis de pouvoir prochainement discuter des vôtres (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP).

Pour en savoir plus : André CHASSAIGNE

P.-S.

QG n° 1553 publiée au JO le : 14/10/2004
Réponse publiée au JO le : 14/10/2004

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