19-07-2011

G20 agricole : un plan d’action totalement contradictoire avec les objectifs affichés

André Chassaigne interpelle Monsieur Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire, sur l’insuffisance des mesures prises dans le cadre du G20 agricole.

854 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, dont la moitié sont des paysans. Selon les économistes de la banque mondiale, avec l’emballement des prix de l’alimentation ce sont 105 millions de personnes qui ont été poussées sous le seuil d’extrême pauvreté. La spéculation sur les produits agricoles menace directement la sécurité alimentaire de plusieurs milliards de personnes. Ces dernières années, les fonds spéculatifs ont pris l’habitude de se positionner sur les marchés alimentaires : sur 20 transactions, 19 sont désormais strictement financières. C’est ainsi que des cargaisons de blé se vendent virtuellement plusieurs dizaines de fois pour une seule transaction physique.

Le jeudi 23 juin 2011, à l’initiative de la présidence française du G20, le plan d’action adopté par les 20 premières puissances mondiales concernant l’agriculture s’est traduit par une série de mesures pour répondre aux enjeux alimentaires et agricoles mondiaux. Mais ce plan d’action, qui se décline en cinq objectifs, se limite à une série d’intentions concernant la hausse de la production alimentaire mondiale, accompagnées de dispositifs mineurs concernant la transparence des marchés agricoles et la connaissance des stocks agricoles dans les différents pays concernés.

Pire, il s’engage dans la poursuite et le renforcement du libre-échange sur les marchés agricoles internationaux, en voulant « renforcer l’information et la transparence du marché pour donner des bases plus solides aux anticipations des gouvernements et des opérateurs économiques », et « à améliorer le fonctionnement des marchés dérivés de matières premières ».

Ainsi l’alinéa 39 de la déclaration ministérielle finale est on ne peut plus clair. Les ministres de l’agriculture du G20 rappellent « les engagements des précédents sommets du G20 depuis 2008 visant à empêcher l’augmentation des barrières existantes au commerce, à ne pas en imposer de nouvelles et à ne pas mettre en œuvre des mesures incompatibles avec l’OMC qui saperaient les échanges mondiaux. Les politiques qui faussent la production et les échanges de matières premières agricoles peuvent faire obstacle à l’objectif de sécurité alimentaire sur le long terme. Il existe encore des barrières notables dans le commerce agricole international qu’il convient de réduire. »

La volonté politique affichée pendant quelques mois de s’attaquer au fond des problèmes de sécurité alimentaire est donc totalement contradictoire avec les objectifs de ce plan d’action.

André Chassaigne demande à Monsieur le ministre comment il compte défendre la sécurité alimentaire mondiale en soutenant la libéralisation des échanges mondiaux. Il souhaiterait également connaître sa position sur l’inscription du principe de souveraineté alimentaire des peuples dans le cadre des prochaines négociations internationales sur ce sujet.

- Voir l’intégralité du plan d’action adopté le 23 juin 2011 :

PDF - 255.8 ko

Pour en savoir plus : julien

Imprimer