03-03-2005

Lock-out à SEDIVER

Monsieur le secrétaire du Comité d’Entreprise,

C’est avec un réel écœurement que j’apprends, chaque jour, l’évolution de la situation de votre usine à Saint-Yorre.
Les chantages répétés dont vous aviez fait l’objet depuis plus d’un an avaient déjà montré l’ignominie et la rapacité des patrons de Sediver.
Mais entre la confirmation du « lâchage » de l’Etat, attesté par l’intervention sauvage des forces de l’ordre début février, l’entreprise de sabotage de l’outil de production de votre direction, caractérisé par la décision unilatérale de procéder à l’extinction des fours, et le déclenchement final d’un lock-out, vous avez subi, en quelques mois, un retour en arrière qui nous ramène aux heures les plus sombres de l’histoire du mouvement ouvrier.

Je n’ai pas souvenir d’un patron qui, en France, ait osé se comporter avec un tel mépris des ouvriers et des lois que nos luttes ont permis, chèrement, d’arracher. Jamais je n’aurai imaginé entendre, en 2004, qu’une entreprise procède, en France, à un lock-out. Ce mot doit même être complètement inconnu de la très grande majorité des Français ! Ce qui se passe à Saint-Yorre en dit long sur les reculs que le mouvement ouvrier a subi depuis bientôt trente ans.
Evidemment, je ne peux que rappeler mon soutien total au combat que vous menez, pour les ouvriers de Sediver, mais aussi, je le crains, pour bien d’autres à l’avenir. J’espère que la justice saura se montrer à la hauteur et condamnera, avec la plus grande sévérité, les pratiques de vos patrons.

Je vous rendrai très prochainement une visite ; je tiens en effet à vous manifester de façon plus ostensible mon soutien à votre combat.
Je vous prie d’agréer mes fraternelles salutations.

André Chassaigne

Pour en savoir plus : André CHASSAIGNE

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