11-09-2017

Maisons de retraite / EHPAD : conséquences de l’application du décret n° 2016-1814 du 21 décembre 2016 et de l’interruption brutale des contrats aidés

Monsieur André CHASSAIGNE interroge Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé sur les conséquences pour les maisons de retraite de l’application du décret n° 2016-1814 du 21 décembre 2016 et de l’interruption brutale des contrats aidés.

A la suite du vote de la loi relative à l’adoption de la société au vieillissement, le décret n° 2016-1814 du 21 décembre 2016 a réformé la tarification des maisons de retraite. L’application de ce décret va entraîner, selon la Fédération hospitalière de France, une baisse de 200 millions d’euros de dotations annuelles allouées aux maisons de retraite. L’association des directeurs de maisons de retraite et services à domicile (AD-PA) en demande l’abrogation : plus de 3000 établissements d’hébergement pour personnes âgées et dépendantes seraient en effet impactés par cette mesure. Le syndicat CGT Santé et Action Sociale du Puyde-Dôme a évalué les conséquences sur les EHPAD du département : pour exemple, des établissements de taille moyenne, avec une centaine de lits, subiront une restriction budgétaire d’environ 170 000 €.

Cette diminution des recettes va aggraver les difficultés financières des établissements. Elle entraînera inéluctablement la hausse des tarifs d’hébergement, la diminution des prestations (ergothérapie, animations, etc…) et de nombreuses suppressions d’emplois. Quoi qu’il en soit, elle pénalisera les résidents alors que beaucoup sont déjà touchés par la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG).

De plus, ces établissements sont également impactés par la décision brutale de geler ou non renouveler les contrats aidés, engendrant une réduction importante du personnel et laissant sans solution des personnes qui espéraient un contrat et une formation. Certes, ces emplois sont des palliatifs à faire évoluer, mais ils contribuent depuis des années à améliorer la qualité de l’accueil et permettent de limiter la dégradation des conditions de travail des personnels. Pour les établissements, ils sont aussi un vivier de recrutement avec, parfois, la perspective d’un emploi pérenne après la formation.

André Chassaigne demande à Madame la Ministre l’abrogation du décret n° 2016-1814 et son intervention au sein du gouvernement pour revenir sur la suppression brutale des contrats aidés. Il demande la mise en chantier d’un projet de loi relatif à la prise en charge de l’autonomie par une protection sociale élargie et des financements collectifs et solidaires.

Pour en savoir plus : André Chassaigne - AC

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