10-03-2014

Médicament Dompéridone - débat sur les risques et son efficacité

André Chassaigne attire l’attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur les informations communiquées par une revue médicale et la demande de retrait du marché de la dompéridone, molécule classée neuroleptique, utilisée contre certains troubles gastriques.

En effet, s’appuyant sur de nouvelles statistiques, la revue médicale « Prescrire » affirme que la dompéridone, utilisée depuis 1980 et commercialisée sous le nom de Motilium, aurait une efficacité limitée alors qu’elle augmenterait le risque de troubles du rythme cardiaque et de morts subites.

Ainsi, en extrapolant les résultats du rapprochement entre les données collectées par l’assurance maladie et la fréquence des morts subites, « Prescrire » estime que le nombre de morts subites en France, liées à la dompéridone, pourrait s’élever en 2012 entre 25 et 120 ! Parallèlement, depuis 2005, plusieurs études épidémiologiques étrangères ont démontré que ces morts subites d’origine cardiaque sont de 1,6 à 3,7 fois plus fréquentes en cas d’exposition à cette molécule.

Même l’Agence française du médicament et le principal fabriquant ont informé en 2011 les médecins et les pharmaciens de ce risque de mort subite.

De son côté, l’Agence européenne du médicament doit se prononcer sur le devenir de cette molécule en mars 2014. Toutefois, il est possible qu’elle se limite à préconiser des baisses de posologies ou de durée de traitement, reportant de fait la responsabilité du fabricant vers les médecins et le personnel soignant.

Enfin, en cas de trouble pouvant motiver la prescription de la domperidone, « Prescrire » propose des mesures alternatives, comme le changement d’alimentation ou l’emploi d’autres molécules.

En conséquence, il lui demande son avis sur les informations communiquées et sur les propositions de cette revue médicale à propos de la dompéridone, molécule suspectée d’avoir des effets secondaires particulièrement graves.

Voir la question n° 51242 + la réponse (si parue) sur le site de l’AN

Pour en savoir plus : Andre Chassaigne - BP

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