22-07-2014

Nucléaire civil - Situation des personnels sous-traitants

M. André Chassaigne interroge Mme la ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie sur la situation des personnels salariés en sous-traitance dans le secteur du nucléaire civil.

Dans une précédente question écrite n° 26714 du 5 mai 2013, restée sans réponse, il attirait l’attention du ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social sur la situation de ces personnels.

Comme précisé, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a récemment recommandé un encadrement de la sous-traitance en cascade pour l’ensemble des activités du secteur nucléaire civil. Déplorant que « dans certains cas, il pouvait y avoir jusqu’à 8 niveaux de prestataires », l’Office juge que de telles pratiques « font froid dans le dos car la multiplication des niveaux est source de lourdeurs et d’erreurs.

Elle conduit à une dilution extrême des responsabilités et s’avère difficile à identifier ». Ces conclusions confirment les inquiétudes exprimées par la fédération CGT mines-énergie sur le fait qu’EDF a privilégié la sous-traitance, plutôt que la formation des agents, sur certains métiers décisifs en matière de sécurité (robinetiers, chaudronniers, calorifugeurs, décontamineurs). Les sous-traitants dénoncent par ailleurs la pression sur le temps et sur les coûts imposée par les exploitants.

Appels d’offres et contrats trop courts, salariés pressurés et soumis à la contrainte d’arrêts de tranche toujours plus courts, multiplication des contrats précaires et d’intérim conduisent à une grave aggravation des conditions de travail et de sécurité au travail du secteur.

Même le rapport annuel 2013 de l’inspecteur général pour la sûreté nucléaire et la radioprotection d’EDF rappelle que le « turn-over s’accélère » chez les sous-traitants, avec en toile de fond des prises de risque et des contournements volontaires de la réglementation en matière de contrôle des doses reçues. Ce choix d’un recours massif à la sous-traitance, fait sous la pression de la rentabilité du groupe, aboutit aujourd’hui à ce que 80 % des tâches de maintenance soient effectuées par les entreprises en sous-traitance.

Cette situation, qui se double d’un déficit marqué de recrutement et de formation chez EDF, marquant une perte de savoir-faire et une dilution de la culture de radioprotection, conduit aussi à rendre moins visible le risque sur la santé au travail de salariés peu suivis et en constant turn-over.

Devant la gravité de la situation dans ce secteur clé de l’industrie française, il souhaite connaître les mesures concrètes qu’elle envisage de prendre pour que les conditions de travail et la sécurité sanitaire des salariés travaillant dans le secteur soient mises en conformité avec la législation nationale.

Plus largement, pour toutes les activités liées au secteur nucléaire, il désire savoir quelles mesures législatives sont envisagées pour mettre un terme aux activités sous-traitées et permettre une prévention efficace, ainsi qu’un suivi obligatoire et indépendant, de tous les salariés en activité sur les sites nucléaires.

Voir la question n° 60984+ la réponse (si parue) sur le site l’AN.

Pour en savoir plus : André Chassaigne -

Imprimer