19-01-2005

Prévention des catastrophes naturelles.

Monsieur le Ministre,

En ce moment même se tient à Kobé une Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes naturelles.
La commotion internationale suscitée par les raz de marée géants qui ont causé la mort de plus de 175.000 personnes et ruiné des régions entières en sera légitimement un élément fondateur. Par respect pour les victimes et les peuples qui ont souffert. Mais aussi pour tirer les leçons de ce qui s’est passé et mettre en place les politiques qui doivent structurer dans la durée les réponses préventives aux catastrophes naturelles.
La Conférence de Kobé doit impérativement être suivie d’effets décisifs et durables. En effet, l’élan exceptionnel de solidarité mondiale s’accompagne d’une attente de réaction à l’échelle de la planète et la hauteur de l’enjeu.
La tragédie d’Asie du Sud soulève aussi la question de la lutte contre la grande pauvreté qui constitue un facteur démultipliant dans les catastrophes. La Conférence de Kobé devra insister solennellement sur ce point et anticiper le sommet de l’ONU prévu en septembre 2005 pour relancer la réalisation des objectifs dits du Millénaire par l’ensemble des Etats de l’ONU. Rappelons qu’il s’agit de réduire de moitié d’ici 2015 la population dont le revenu est inférieur à 1 dollar par jour. L’objectif est aussi que l’aide publique au développement atteigne 0,7% du PNB à cette date.

Mais cette catastrophe appelle aussi une refondation des relations internationales autour de ces valeurs de coopération, notamment autour d’une décision forte, l’annulation de la dette des pays en développement.
Curieusement, Monsieur le Ministre, au moment où l’actualité appelle des solidarités nouvelles entre les peuples, l’Europe est étonnamment silencieuse. Elle ne parlera pas d’une seule voix à Kobé.
Dans ce contexte, la France envisage-t-elle d’impulser une politique commune ambitieuse en matière de coopération ? Plus précisément, Monsieur le Ministre, quel est le mandat de la délégation française à la Conférence de Kobé ?

Mme Claudie Haigneré, ministre déléguée aux affaires européennes - La tragédie de décembre donne encore plus de relief à la conférence de Kobé. Serge Lepeltier y conduit la délégation française et ne peut donc vous répondre lui-même. Il s’agit d’abord de travailler à la mise en place d’un système d’alerte dans l’océan indien puis dans d’autres lieux de la planète, dans le cadre d’une coordination par les Nations unies mais en utilisant l’expertise française disponible. L’Union européenne a coordonné sa position et la Commission est présente. L’Europe fera des propositions pour participer au financement et à la mise en place de ce système d’alerte.

Vous mentionnez la dette. La France a pris l’initiative de proposer un moratoire au club de Paris. Pour le prochain sommet de l’ONU, la France et l’Union européenne, dont la contribution représente la moitié de l’aide mondiale au développement, sont à la pointe de la réflexion. Le Président de la République a relayé une idée ambitieuse de taxation internationale pour aider de façon pérenne au développement des pays pauvres. Enfin, le traité constitutionnel nous permettra de mieux coordonner l’aide au développement et l’aide humanitaire. Il sera ainsi plus aisé de faire avancer l’idée du Président de la République et de Michel Barnier de mettre en place une capacité européenne de protection civile. La France et l’Union européenne sont donc très déterminées à agir dans ce domaine. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP)

Pour en savoir plus : André CHASSAIGNE

P.-S.

Question n° 1813 pbuliée au JO le 20/01/05
Réponse publiée au JO le 20/01/05

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