18-10-2004

Questions à André CHASSAIGNE sur l’amendement modifiant la loi Evin

Questions à André CHASSAIGNE sur l’amendement modifiant la loi Evin

  • Quelles sont les raisons qui vous ont conduit à voter cet amendement ?

Mon vote est dans le prolongement des échanges que j’ai eus avec différents élus et producteurs de régions viticoles (Bordelais, Languedoc Roussillon…).
De plus, il est très en retrait sur l’amendement adopté au Sénat puisqu’il limite la publicité aux références relatives « aux caractéristiques qualitatives du produit » alors que le texte du Sénat autorisait les « références aux caractéristiques sensorielles et organoleptiques » (comme les publicités antérieures à la loi Evin). Et il précise aussi les conditions pour en bénéficier : « produits bénéficiant d’une appellation d’origine ou d’une indication géographique ».

  • Mais n’est-ce pas là un mauvais coup pour la santé publique ?

A mon avis, au regard de sa rédaction faisant apparaître en particulier sa compatibilité « avec l’objectif de modération dans la consommation » (et donc avec la lutte contre l’alcoolisme), il laisse une marge importante à un décret d’application restrictif. Aussi, je pense vraiment que les réactions sur l’impact de ce nouveau texte sont disproportionnées, voire insultantes pour ceux qui l’ont voté.

  • Ce nouveau texte sera-t-il d’une grande aide pour sortir de la crise la filière vini-viticole ?

J’ai motivé mon vote par l’exigence de valoriser la typicité des vins français, issus d’un savoir-faire ancestral et spécifique à chacun des terroirs des régions vini-viticoles, en opposition avec la volonté du négoce de mettre sur le marché des produits standardisés directement concurrencés par les vins du « nouveau monde ». L’enjeu est d’une extrême importance et doit être pris en compte.
Bien sûr, la nouvelle disposition destinée à faciliter la publicité sur le vin ne doit pas occulter les problèmes de fond de la filière viticole. Il faut expliquer, comme je l’ai fait dans mes interventions, que la crise est celle de la baisse des prix payés aux producteurs par le négoce qui cherche par tous les moyens à déclasser les appellations au profit des grands crus et des vins standardisés.

Pour en savoir plus : André CHASSAIGNE

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