03-11-2011

Réforme du 1 % logement - menace sur la pérennité de l’association ALGI

Au sujet des conséquences de la réforme du 1% logement et des difficultés rencontrées par l’association du logement des personnes en situation de handicap, une question d’André Chassaigne au secrétaire d’Etat, chargé du Logement.

La réforme du 1 % logement de 2009 et le prélèvement par l’Etat des fonds collectés, au bénéfice de l’agence nationale d’amélioration de l’habitat (ANAH) et de l’agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) a des conséquences graves en matière d’aide au logement des salariés.

Parmi les « dommages collatéraux » de cette décision inique et autoritaire, les difficultés financières rencontrées actuellement par l’association du logement des personnes en situation de handicap (ALGI) qui intervient comme prestataire auprès des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), pour le montage des dossiers pouvant être éligibles au 1% logement.

En effet, plusieurs centaines de dossiers, parfois anciens et validés selon les anciens critères d’éligibilité, sont actuellement toujours bloqués, malgré les multiples démarches et relances de l’ALGI auprès du Gouvernement et les réunions organisées depuis 2010.

Ainsi, malgré diverses déclarations d’intention et la réponse ministérielle du 09/08/11 à la question écrite n° 112276, qui affirme que les « dossiers seront prochainement débloqués », l’ALGI déclare aujourd’hui être menacée de dépôt de bilan à très court terme…

Cette situation ubuesque ne pouvant plus durer, André Chassaigne demande à Monsieur le Secrétaire d’Etat des décisions très rapides visant à obtenir le déblocage immédiat des dossiers déjà instruits et validés, et garantir la pérennité de l’action et de l’équilibre financier de l’ALGI.

Question n° 121549 publiée au JO du 08/11/11

Réponse ministérielle du 17/04/12 :

Il existe aujourd’hui plusieurs mécanismes pour aider les familles à faire face aux dépenses d’adaptation de leur logement au handicap : principalement une prestation légale (la prestation de compensation du handicap (PCH)), les aides de l’Anah, le crédit d’impôt « accessibilité » et les aides d’Action logement (ex : 1 % logement).

Pour instruire ces dernières, Action logement recourait jusqu’à présent aux services de l’Association pour le logement des grands infirmes (ALGI). Longtemps distribuées sous forme de prêts et de subventions, les aides d’Action logement ont été réduites puis suspendues en 2010, faute de ligne budgétaire pour les Pass travaux. Il en est résulté des difficultés financières pour les familles demandeuses, et pour l’ALGI dont la rémunération prenait principalement la forme de frais de dossiers. Conformément aux engagements du Gouvernement, plusieurs décisions récentes ont permis de sortir de cette situation préjudiciable à de nombreuses familles.

Pour le stock de dossiers de 2010, Action logement a décidé de débloquer une enveloppe permettant d’apporter une réponse aux cas qui le justifient, dans la limite de 1,4 M€. Pour permettre à l’association de couvrir les frais de gestion de ces dossiers, l’Etat a décidé de lui accorder une subvention exceptionnelle de 50 000 €, partagée entre les ministères chargés du logement (30 000 €) et du handicap (20 000 €). Les engagements pris vis-à-vis de ces familles sont ainsi tenus. Pour le flux des nouveaux dossiers, l’Etat a décidé, en lien avec les partenaires sociaux, d’ouvrir une enveloppe de Pass travaux de 250 M€ par an sur le triennal 2012-2014, dont une partie sera réservée à l’adaptation du logement au handicap.

Pour cette seule action, d’ailleurs, une partie des aides pourra continuer à être distribuée sous forme de subventions, afin de tenir compte du besoin particulier de solvabilisation des ménages concernés. La nouvelle définition des emplois du 1 % logement ne remet donc pas en question l’engagement d’Action logement en faveur des personnes handicapées. Deux questions restent à traiter : l’éligibilité aux aides d’Action logement et leur mode de distribution.

Sur ces deux points, il appartient au conseil de surveillance de l’Union des entreprises et des salariés pour le logement (UESL), et à lui seul, d’arrêter ses choix. S’agissant de l’éligibilité, l’Etat a appelé l’attention d’Action logement, qui souhaite se recentrer sur les salariés, sur la spécificité du lien qu’entretiennent les personnes handicapées avec le monde du travail, afin d’éviter que des règles trop restrictives sur ce point ne réduisent la portée des aides.

S’agissant du mode de distribution, Action logement doit opter entre le statu quo, c’est-à-dire le maintien de la collaboration avec l’ALOI, si l’efficience d’un tel partenariat le justifie, et une distribution par le canal classique des collecteurs. La question de l’avenir de l’ALOI ne se confond donc pas avec celle, plus générale, de la politique d’adaptation du logement au handicap : les aides qu’elle distribue ne sont pas remises en cause dans leur principe, et leur distribution sera assurée, le cas échéant par d’autres canaux, si Action logement le décide. Plus généralement, le Gouvernement a décidé de considérer la politique d’adaptation du logement dans sa globalité, et d’en améliorer la cohérence.

A cette fin, il a décidé la création d’un groupe de travail au sein du Conseil national de l’habitat (CNH), auquel il appartiendra de recenser l’ensemble des aides existantes en la matière, de vérifier leur bonne articulation et de recommander, le cas échéant, les adaptations qui paraîtraient nécessaires pour en améliorer l’accès et l’efficacité.

Voir aussi :

Pour en savoir plus : André Chassaigne - BP

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