03-06-2014

Résultats des élections européennes et politique du Gouvernement : question au Gouvernement

Deuxième séance du mardi 27 mai 2014

Résultats des élections européennes et politique du Gouvernement

M. le président. La parole est à M. André Chassaigne, pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine.

M. André Chassaigne. Monsieur le Premier ministre, à force de renoncements à ses promesses de campagne, François Hollande et son Gouvernement portent la responsabilité du cataclysme électoral de dimanche. (Protestations sur les bancs du groupe SRC. – Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)

M. Jean-Paul Bacquet. Arrête-toi, Staline !

M. André Chassaigne. C’est une défaite cuisante pour la gauche au pouvoir.

M. Jean-Paul Bacquet. 6 % ! Tu as fait 6 % !

M. André Chassaigne. Malgré cette défaite, malgré le score historique du Front national, le Gouvernement nous annonce qu’il va poursuivre sa politique d’austérité, une politique qui fait payer au peuple la facture d’une crise dont il n’est ni responsable, ni coupable.

Vous persistez et vous restez sourds à nos alertes et à toutes les alertes.

M. Jean-Paul Bacquet. Et toi, tu persistes dans ta démagogie !

M. André Chassaigne. Vous persistez à mépriser le message porté par le peuple souverain…

M. Jean-Paul Bacquet. Tu n’es même pas majoritaire dans ta circonscription !

M. André Chassaigne. …qui a manifesté une colère sans perspective, une colère issue d’une souffrance, une colère qui appelle un changement radical !

Les députés du Front de gauche ne renoncent pas à construire une alternative de progrès social.

M. Jean-Paul Bacquet. Cela paye !

M. le président. Monsieur Bacquet, s’il vous plaît !

M. André Chassaigne. Nous en appelons à tous ceux qui, à gauche, particulièrement dans cet hémicycle, souhaitent rompre avec la dérive libérale actuelle.

Je le dis solennellement, je le dis avec gravité : oui, une alternative est possible à gauche. Pour la faire vivre, il faut que chacun prenne ses responsabilités.

M. Jean-Paul Bacquet. Prends les tiennes !

M. André Chassaigne. Ma question s’adresse à vous, monsieur le Premier ministre, et à ceux qui soutiennent votre politique : en affirmant qu’il n’y a pas d’alternative possible, mesurez-vous que vous plongez plus encore le peuple dans le désespoir ? (Applaudissements sur les bancs du groupe GRD)

M. le président. La parole est à M. le Premier ministre.

M. Manuel Valls, Premier ministre. Monsieur le président Chassaigne, oui, le résultat des élections européennes est un choc, un séisme, pour reprendre les mots que j’ai utilisés dès dimanche soir.

M. Philippe Meunier. C’était bien la peine d’aller en Espagne !

M. Manuel Valls, Premier ministre. Je n’ai pas une parole à retirer de ce que j’ai dit ici même lors du discours de politique générale : la langue politique, dans la manière de s’adresser à nos compatriotes, est une langue morte. La crise de confiance, la crise d’identité, la crise nationale que nous traversons depuis des années sont autant de faits.

La gauche, les socialistes en ont ressenti la rigueur lors des élections municipales et lors du vote de dimanche, malheureusement sans surprise, qui s’est caractérisé par une abstention massive, par le score du Front national, par le score médiocre des partis de gouvernement, par le score très faible du parti socialiste, de même que celui de la gauche. Oui, il faut être capable de répondre à cette crise de confiance !

Et il faut le faire, monsieur Chassaigne, dans la responsabilité, celle dont doivent faire preuve tous ceux qui siègent dans cet hémicycle. Si, monsieur Chassaigne, il existait une alternative de gauche aussi évidente à la politique du Gouvernement, alors, monsieur Chassaigne, votre parti aurait fait un autre score à l’occasion des élections municipales ou européennes (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)

Quant à moi, je ne donne aucune leçon à ceux qui siègent ici, dans la majorité ou dans l’opposition, parce que je considère que la situation de notre pays est grave, parce que je sais que le score de l’extrême droite à l’occasion de ces élections européennes porte atteinte à l’image de notre pays.

Mais, à cela, il faudrait opposer une fuite en avant, la critique pour la critique, la démagogie ? Non ! Nous devons faire preuve de responsabilité (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC), et ma responsabilité en tant que Premier ministre, monsieur Chassaigne, c’est d’assumer le Gouvernement de la France (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC), de tout faire en faveur de la compétitivité, de l’emploi, du pouvoir d’achat…

M. Patrice Carvalho. Et pour le capital !

M. Manuel Valls, Premier ministre. …notamment en baissant les impôts, et de faire en sorte que les grandes priorités du Président de la République – je pense notamment à l’école, à la jeunesse, à la transition énergétique, à la réconciliation et au rassemblement des Français –…

M. Philippe Meunier. Blabla !

M. Manuel Valls, Premier ministre. …soient mises en œuvre, comme nous le faisons.

Alors, monsieur Chassaigne, oubliez la démagogie, regardez la réalité en face et rejoignez ceux qui veulent redresser le pays ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)

Pour en savoir plus : André Chassaigne - AC

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