23-09-2005

Situation d’attente des salariés de COUZON

Monsieur le Ministre,

Je souhaite attirer votre attention sur la situation d’attente dans laquelle se trouvent les salariés de l’entreprise COUZON à Courpière.

C’est une coutellerie emblématique qui vient de mettre le genou à terre, entraînant dans sa chute plus de 200 salariés. Fondée en 1947, première à fabriquer des plats inoxydables, la coutellerie COUZON employait il y a encore 10 ans, 700 salariés. Ce temps est révolu et COUZON s’en vient rejoindre la liste déjà trop longue des entreprises sacrifiées sur l’autel de la rentabilité. Le bassin d’emploi n’avait pas besoin de ce nouvel épisode.

Les difficultés rencontrées par le groupe ne sont pas nouvelles. Déjà en 2001, l’effectif était ramené à 490 salariés. Fin juin de cette année, le plan de licenciement collectif remis au comité d’entreprise concernait 108 salariés sur les 231. Début juillet, 50 d’entre-eux avaient reçu leur lettre de licenciement.
C’est le 10 décembre 2001 que le PDG actuel reprend l’entreprise COUZON / DUROL INDUSTRIES 2001 suite à un dépôt de bilan du précédent exploitant. En 2002, le résultat d’exploitation fait apparaître une perte d’environ un million d’euros. Face à ce constat, le PDG met en place fin mai 2003 un plan social de 116 personnes et délocalise 70 % de la production, tout en demandant un moratoire pour la dette fiscale et sociale ainsi qu’un rééchelonnement du solde de prix de cession au tribunal de commerce.
L’année 2003 fait apparaître une perte nette de 1,2 millions d’euros. Quant au chiffre d’affaires, il continue de baisser en 2004, et, malgré la fermeture du site de Chabreloche, la perte nette est toujours de 1,2 millions d’euros.

Fait exceptionnel, le PDG a été mis en garde à vue à sa sortie du Tribunal le 7 septembre dernier, suspecté de banqueroute frauduleuse et de malversations sur l’étiquetage des produits… made in China ! La veille, les salariés s’étaient mis en grève, face au non paiement des salaires du mois d’août, l’arrivée d’intérimaires, et le déplacement des stocks de marchandises.
C’est ce même jour que le PDG déclarait l’entreprise en cessation de paiement. L’audience du Tribunal de Commerce de Thiers du 7 septembre a prononcé la liquidation de l’entreprise pouvant conduire à la suppression des 231 emplois.

Le personnel insiste sur le respect du plan social qui a été signé en juin, en particulier sur la mise en place de la convention d’allocation spéciale du Fonds National de l’Emploi (FNE) pour ceux qui doivent bénéficier d’une préretraite. Mais le trésorier payeur général bloque celui-ci au regard de l’importance de la dette envers l’Etat.

Les salariés insistent sur la mise en place de la Convention de Reclassement Personnalisé (CRP), ce nouveau dispositif n’entrant en vigueur qu’au premier juin, alors que les premiers licenciements ont été prononcés fin mai.
D’après nos informations, Maître PETAVY, liquidateur de l’entreprise, pourrait revenir, avec l’accord de la DDEFP, sur le plan social des 108 licenciements initialement prévus afin de faciliter la mise en place de la CRP.

Il est important également que l’indemnité individuelle de 2 000 € par salarié licencié soit versée ; contractualisée dans le plan prévu fin juin 2005, elle doit être étendue à l’ensemble des salariés.

D’autre part, je me permets de souligner l’importance de la mise en place d’une cellule de reclassement spécifique à la coutellerie COUZON, quel que soit le nombre de bénéficiaires de celle-ci.
En effet, la cellule de reclassement inter-entreprises prévue dans le volet 2 « accompagnement des plans sociaux » du contrat territorial, prévoit de prendre en charge 100 personnes par an sur 18 mois. Ce budget prévisionnel sera certainement très insuffisant au vu des licenciements dans les TPE et PME, puisque cette cellule est réservée aux licenciements inférieurs à 10 salariés qui ne bénéficiaient jusqu’alors d’aucune cellule de reclassement, accompagnant en effet les plans sociaux qui concernent peu de salariés licenciés.

J’insiste pour que soit rapidement donnée une suite favorable à ces dernières revendications dans une situation globalement et particulièrement catastrophique sur le bassin thiernois.

Je suis certes déjà en contact avec Monsieur François BUFFETEAU, conseiller technique « redéploiement industriel et entreprises en difficulté » au Ministère des Industries, mais je souhaite aujourd’hui la mobilisation de votre Ministère, non seulement pour que les revendications soient satisfaites, mais aussi pour que la mise en place des mesures destinées aux salariés du bassin, prévues dans le volet 2 du contrat territorial signé pour Thiers, soit accélérée.

C’est pourquoi je vous remercie de l’attention que vous voudrez bien porter à ce dossier.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de ma haute considération.

André CHASSAIGNE

Pour en savoir plus : André Chassaigne

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