03-02-2006

Situation de l’entreprise DAPTA.

Monsieur François LOOS
Ministre délégué à l’industrie

139, rue de Bercy
75572 PARIS CEDEX 12



Monsieur le Ministre,

Je souhaite attirer votre attention sur la situation de la société DAPTA située à Thiers, pôle décolletage du Groupe EURODEC, qui emploie aujourd’hui environ 1 000 salariés. Ses unités BRIFFAZ et CAMUZ (en région lyonnaise) ont été placées en liquidation judiciaire il y a deux mois, avec corrélativement 120 licenciements.

Lundi 20 janvier, l’annonce a été faite de la mise en cessation de paiement de la société DAPTA, et le dépôt de bilan aura lieu demain au Tribunal de Commerce de Thiers. Cette société emploie 440 personnes.

Le 6 juillet 2005, j’étais reçu par Monsieur BUFFETEAU, conseiller technique auprès de votre ministère, pour m’entretenir de l’avenir du Groupe EURODEC. Monsieur BUFFETEAU me confirmait alors qu’un protocole d’accord était en bonne voie, élaboré sous l’égide du Comité Interministériel pour la Restructuration Industrielle, en collaboration avec les banques et créanciers, dans le cadre du plan de redressement de l’entreprise. Celui-ci consistait notamment en un étalement de la dette jusqu’en 2012.

Quelle est donc aujourd’hui la stratégie du Groupe EURODEC et quels sont les objectifs poursuivis ? S’agit-il de supprimer des emplois pour rendre le site viable, de liquider purement cette entreprise, ou de chercher à la vendre ? Au vu des éléments financiers, je crains qu’à aucun moment le groupe EURODEC n’ait recherché d’équilibre financier pour ce site.

Quelles peuvent être les interventions de l’Etat au regard du protocole signé l’été dernier, et dans la mise en œuvre d’un redressement de la situation ?

Ce sont autant de questions qui ont été débattues entre les élus locaux et les représentants du personnel réunis vendredi 27 janvier, et au nom desquels je sollicite un rendez-vous urgent au Ministère. Ce collectif d’élus, de toutes sensibilités et représentant l’ensemble des collectivités concernées, souhaite mutualiser les énergies pour trouver une solution dans les plus brefs délais, c’est-à-dire dans le mois correspondant à la première période d’observation dont l’annonce est attendue aujourd’hui, à la suite du dépôt de bilan au Tribunal de Commerce de Thiers.

L’objectif pourrait être de sortir ce site de production du Groupe EURODEC, dont la dette financière est énorme. Il conviendrait donc alors de mettre tout en œuvre pour trouver un repreneur, et faciliter son installation. Ce collectif d’élus souhaite un accompagnement dans cette démarche, par des mesures d’ordre économique au travers des aides existantes, avec le pôle de compétitivité de la mécanique en Auvergne, et également avec le contrat de territoire signé pour le bassin Thiernois, dont il conviendrait de rediscuter les modalités aussi bien au niveau de l’implication des collectivités territoriales locales qu’au niveau de l’Etat.

Il me semble notamment que l’Etat devrait aider à la mobilisation de fonds qui nous permettraient de recourir à un cabinet spécialisé pour l’accompagnement des mutations économiques et la revitalisation des territoires, et qui disposerait d’un savoir-faire important dans la gestion de projets impliquant des acteurs publics et privés.

Cette demande, que j’ai déjà plusieurs fois exprimée, n’a eu aucune suite. Je suis assez étonné des blocages de l’Etat sur cette question, d’autant plus que les licenciements prévus par la société DAPTA viennent s’ajouter à une liste déjà bien trop longue sur le bassin d’emploi de Thiers.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.


André CHASSAIGNE

Pour en savoir plus : André Chassaigne

Imprimer