05-03-2016

Une journée au Salon

Suivre une délégation officielle au Salon de l’agriculture n’a jamais été ma tasse de thé. La prestation est certes un exercice obligé pour les chefs de parti et les candidats aux élections à venir. Je ne suis pas sûr pour autant qu’elle fasse vraiment avancer les solutions à apporter à notre agriculture en crise et pas davantage la cause d’une organisation politique ou la popularité d’un candidat.

J’ai donc fait le choix, cette année encore, d’une visite personnelle, accompagné par deux de mes collaborateurs (Julien Brugerolles et Corinne Ould’Ameur). Cette journée de « labour » a été dûment préparée avec des rendez-vous programmés et suffisamment longs pour en faire des séances de travail. Mon objectif était simple : rappeler à mes interlocuteurs, et mettre en débat, les propositions que je porte à l’Assemblée nationale, au nom des députés du Front de gauche, pour une nouvelle politique agricole. La garantie de prix rémunérateurs pour nos agriculteurs était bien évidemment au cœur de ces échanges. Vous trouverez ci-dessous le compte rendu de cette journée : textes de Julien et photos de Corinne.

Bien que l’image puisse paraître incongrue pour l’élu rural que je suis, je n’ai pas échappé à l’incontournable photo « au cul des vaches »… en allant à la rencontre de la belle ferrandaise de mon ami Guy, éleveur à Saint-Just, près d’Ambert. Comme je vis dans un petit village, au cœur d’une terre d’élevage, « la vache » est pour moi une vision quotidienne, à quelques mètres même de mon habitation quand elle est au pré. Je n’ai donc aucunement besoin du Salon de l’Agriculture pour admirer sa morphologie et lui tâter le train arrière !

Le temps du débat…et l’exigence d’apporter des solutions politiques par la voie législative. La proposition de loi visant à garantir un revenu aux agriculteurs des député-e-s du Front de Gauche sera soumise au vote de l’Assemblée nationale le jeudi 26 mai.

Avec Patrick Benezit, Président de la FRSEA Massif-Central, qui revient sur la problématique de la détermination des prix d’achat et la nécessité de nouvelles modalités de sanctions pour les acteurs des filières qui ne respecteraient pas la prise en compte des coûts de production dans les négociations. Le besoin de véritables aménagements au niveau européen pour avancer sur la question des prix est aussi abordé, tout en soulignant l’insuffisance des négociations d’Etat à Etat en matière de levée des blocages avec certains pays à l’exportation.

Avec Thomas Diemer, Président des Jeunes Agriculteurs, qui nous fait part des besoins d’avancées pour une contractualisation efficace : qui intègre à la fois des critères de prix, de dates de livraison et de durée ; qui puisse aussi s’appuyer sur une négociation tripartite (producteurs, industriels, distribution) ; qui prenne en compte l’évolution des coûts moyens de production. Nous abordons aussi les risques en matière d’installation et de foncier agricole liés au développement du travail à façon et à l’introduction d’acteurs financiers, l’insuffisance de l’adaptation de nos stratégies commerciales et agricoles aux mutations des marchés exports, et le besoin d’avancer sur le registre des actifs agricoles.

Avec Jean Mouzat, Président du MODEF, Cyril Romero, Président de la Fédération Nationale des Jeunes Exploitants Familiaux, et Philippe Gregoire, du Mouvement National des Eleveurs de nos Régions, Vice-Président du MODEF, nous revenons sur les mesures législatives indispensables pour imposer de nouveaux rapports de force en matière de fixation de prix minimums garantis. La traduction législative de l’interdiction de vente à perte pour les producteurs est aussi abordée, avec la nécessité de disposer pour les agriculteurs d’une marge nette permettant de rémunérer dignement le travail des exploitants familiaux.

Avec François Lucas, Vice-président de la Coordination Rurale, qui met en avant la nécessité de nouvelles mesures de gestion des volumes de production pour permettre de garantir « un tunnel de prix » aux agriculteurs et de définir des prix d’achat favorables sur la base de 3 cahiers des charges-type (conventionnel, label, bio). En lien avec les prises de position très libérales de Phil Hogan, Commissaire européen à l’Agriculture, nous abordons le besoin de nouveaux outils de régulation et de capacités de stockage d’intervention, et les risques de disparition de l’agriculture familiale induits par les choix politiques de la Commission.

Avec Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération Paysanne, qui présente le besoin de valoriser la qualité des productions et les prix sur le marché intérieur, notamment pour le marché du lait où 90 % est valorisé nationalement, pour favoriser les petites structures de production et de transformation. Avec Philippe Collin, ancien porte-parole, nous revenons également sur l’absence d’inflexion au niveau européen par la Commission qui privilégie toujours le besoin de restructuration et la cessation d’activité comme moyen d’ajustement, même si la pression monte en faveur d’intervention sur les prix.

Avec Jacques Chazalet, Président du Sommet de l’Elevage de Clermont-Ferrand, et nouveau responsable du hall élevage du Salon International de l’Agriculture, en compagnie de Guy Chautard et de la coquette « Brillante » représentant la race Ferrandaise au salon. La rencontre finale avant le retour en Auvergne… et après de nombreux arrêts et échanges sur des stands.

Pour en savoir plus : André Chassaigne - JB

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