08-06-2010

Frais d’inscription Université Paris-Dauphine

André Chassaigne interpelle Madame Valérié Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, sur l’augmentation des frais d’inscription de certaines filières à l’université Paris-Dauphine.

Le conseil d’administration de l’université Paris-Dauphine a adopté l’augmentation des frais d’inscription de ses masters de gestion, d’économie internationale et de développement qui représente près de la moitié des Masters de cette université.

Le montant des droits de scolarité de ces diplômes variera en fonction des revenus de la famille, de la gratuité pour les boursiers jusqu’à 4 000 euros, contre 400 euros environ cette année.

Contrairement aux annonces du gouvernement sur le refus d’augmenter les frais d’inscription dans notre pays lors du vote de la loi du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), cette progression spectaculaire risque d’exclure ou de conduire à l’auto-exclusion de nombreux étudiants qui ne peuvent accéder aux grandes écoles pour des raisons financières.

Cette décision entérine aussi le creusement d’un fossé entre les universités qui bénéficieront des ressources financières d’étudiants issus de milieux aisés et celles qui accueilleront des jeunes issus des classes populaires.

Elle valide de fait les critiques majeures soulevées lors du vote de la loi LRU, avec notamment l’exacerbation de la concurrence entre universités, avec des variables d’ajustement budgétaires fondés sur les droits d’inscription. Certaines universités, susceptibles d’apporter un palliatif au désengagement de l’Etat avec les ressources procurées par leur public aisé, se verront renforcés, tandis que les autres seront « déclassées ».Ce tournant augure mal de l’avenir du système universitaire français.

En conséquence, il souhaiterait connaître la réaction de Madame la Ministre sur la décision de l’université Paris-Dauphine, et si la mesure adoptée dans cet établissement a vocation à servir de modèle aux autres établissements d’enseignement supérieur français. Il lui demande également si elle compte revenir sur les principes de mise en concurrence liés à l’application de la loi SRU.

Question Ecrite n° 81029 publiée au JO le 15/06/10

Pour en savoir plus : Julien

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