06-10-2009

Passer à la vitesse supérieure

L’Humanité du 5 octobre 2009.

Ces élus qui veulent étendre le domaine de la lutte

Collectivités . Réunis à Dijon, les élus communistes et républicains débattent de leurs expériences pour rassembler sur des propositions alternatives à la droite.

Dijon (Côte-d’Or), envoyé spécial.

L’Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR) tenait ses rencontres nationales à Dijon, samedi et dimanche. L’occasion de mettre en commun expériences de luttes et analyses, pour dégager des pistes d’actions et de propositions alternatives aux projets gouvernementaux. « Il faut passer à la vitesse supérieure », face aux attaques, a déclaré le député du Puy-de-Dôme et président de l’ANECR, André Chassaigne. Réduction des services publics, asphyxie financière des collectivités avec la suppression progressive de la taxe professionnelle (TP) dans le budget 2010 et, surtout, la réforme des collectivités sont au programme des mois à venir.

Une synthèse a été établie de propositions émergeant de quelque sept ateliers thématiques, sur l’aménagement du territoire, la citoyenneté, les services publics, la création de métropoles, la ruralité, le besoin d’un nouveau mode de développement écologique et le financement des collectivités. Plusieurs pistes d’actions ont été dégagées, comme celle d’une manifestation pluraliste rassemblant élus et citoyens, celle d’une adresse à la population et aux personnels territoriaux ainsi qu’au congrès annuel des maires de France, ou encore celle, moins consensuelle, d’un référendum dont la formulation de la question pourrait être problématique. Mais l’essentiel est là : « Nous avons un rôle à jouer pour faire grandir les possibilités d’intervenir dans la gestion, faire converger nos initiatives avec les luttes des salariés et contribuer, par des propositions, à dégager des solutions de sortie de crise et à promouvoir des rassemblements porteurs de changement réel. (…) Ces ateliers doivent être un moment de mise en cohérence pour ouvrir la voie à une intensification, ô combien nécessaire, des initiatives tant locales que nationales », a résumé le secrétaire général de l’ANECR et conseiller général de Gironde, Jean-Jacques Paris.

Dans les débats, la réforme des collectivités, en préparation, a occupé une place centrale. Non parce qu’elle serait une affaire d’élus, mais parce qu’elle est celle de toute la société : « Le capitalisme a besoin d’ouvrir de nouveaux marchés, et les collectivités et les services publics représentent des obstacles », explique Gilles Leproust, maire d’Allonnes (Sarthe). D’où la nécessité d’en faire une « bataille populaire » : « Les citoyens peuvent venir défendre leur commune et leur mairie comme ils défendent aujourd’hui leurs bureaux de poste et leurs facteurs », estime Dominique Declercq, maire adjointe de Tourcoing (Nord).

Reste que le sujet partage la gauche, alimentant en retour le débat sur la stratégie à appliquer aux élections régionales. « Nous devons être partie prenante des fronts en gestation de la gauche de transformation sociale et écologique ! » lance Jean Brafman, conseiller régional d’Île-de-France. Mais, pour Marie-Jeanne Gobert, vice-présidente de la région Basse-Normandie, « fait-on le choix d’afficher toutes nos divergences à gauche ou d’élever le débat avec la population, pour gagner face à la droite sur des exigences fortes » ? Même si l’ANECR n’a pas pour rôle de décider des stratégies électorales, a rappelé son président, l’un des enjeux du débat paraît résider dans la question du bilan des régions : pour les uns, à l’instar de Gilles Bontemps, des Pays de la Loire, il est un point d’appui pour « continuer » et faire monter les « exigences ». Pour d’autres, comme Pierre Bernasconi, conseiller régional de PACA, la « fierté » du travail accompli ne dispense pas de répondre aux « questions nouvelles » nées de la crise et qui « dépassent le stade des strictes compétences des régions ».

Sébastien Crépel

Pour en savoir plus : Article sur le site de L’Humanité

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