27-12-2006

Abattoirs de proximité

Le 20 novembre 2006

Monsieur le Préfet,

Je souhaite attirer votre attention sur l’avenir de l’abattage de bestiaux dans notre région, à la suite de la fermeture de l’abattoir de Lezoux, et au regard des menaces actuelles sur celui d’Ambert.

En effet, les contraintes réglementaires toujours plus fortes de mise au normes et le désengagement des collectivités locales depuis plusieurs décennies, sur fond de pression sur les prix et de concentration de la distribution, ont provoqué la fermeture de très nombreux « petits » abattoirs. Ils étaient pourtant indispensables pour les éleveurs locaux et les commerces de proximité.

Celui de Lezoux a été repris il y a 18 mois mais l’exploitant constate aujourd’hui que les volumes sont très inférieurs à ceux prévus : 600 tonnes, au lieu des 1000 escomptées… Une étude effectuée antérieurement à la réouverture, par le Conseil général du Puy-de-Dôme, avait certes conclu à l’impossibilité d’un fonctionnement durable d’une telle structure, compte tenu notamment de son dimensionnement.

Or, actuellement, les filières courtes éleveur-consommateur se redéveloppent rapidement. Elles présentent en effet beaucoup d’avantages au niveau qualité, prix et respect de l’environnement, et favorise le maintien des exploitations agricoles familiales. La fermeture de ces derniers abattoirs de proximité menacerait cette évolution favorable, car elle augmenterait le temps et le coût de transport pour les éleveurs et inciterait les bouchers à passer par des grossistes, voire à acheter « sur pied » à proximité des abattoirs.

Dans ces conditions, et au regard de la défaillance du secteur privé, il me semble que les pouvoirs publics ont la responsabilité de participer au maintien d’un maillage suffisant d’abattoirs dans la région.

J’appelle ainsi à une prise de conscience de l’Etat et des collectivités territoriales, pour le maintien de structures de proximité, avec notamment la réouverture, dans d’autres conditions, de l’abattoir de Lezoux.

Vous remerciant par avance de votre écoute, je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.

André CHASSAIGNE

Pour en savoir plus : suivi / Benoit

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