30-06-2006

Centre Hospitalier d’Ambert : courrier au Directeur de l’ARH.

Monsieur le Directeur,

A l’occasion de la rencontre qui s’est déroulée en préfecture, à ma demande, le vendredi 26 mai 2006, et à laquelle vous avez participé avec Monsieur Bérard, Préfet de Région, Monsieur Doré, Sous-Préfet d’Ambert, Monsieur Aulagner, Président du Conseil d’Administration du centre hospitalier d’Ambert, Monsieur Dubourgnoux, Conseiller Régional, ainsi que Madame le Docteur Brunel, Présidente de la Commission médicale d’établissement, des représentants de l’association DEHBA et une sage-femme, vous avez confirmé votre volonté de transformer la maternité de l’hôpital d’Ambert en « centre périnatal de proximité » conformément aux orientations du Schéma régional d’organisation sanitaire (SROS).

Permettez-moi de regretter tout d’abord que cette réunion de travail ait été précédée d’une rencontre anticipant l’échange entre toutes les parties, que vous avez eue lundi 22 mai avec le Docteur Brunel et M. Aulagnier, à la demande de ce dernier. Nous déplorons que les annonces faites à notre délégation aient ainsi été négociées en comité réduit. Cette façon de procéder est particulièrement choquante.

Vous savez que la fermeture de la maternité suscite une forte colère parmi la population du bassin ambertois. Malgré la proposition dont la délégation était porteuse pour pallier le départ du praticien actuel en juillet prochain, vous persistez à justifier votre choix en prétendant que la sécurité des mamans et de leur bébé ne sera pas assurée. Vous comprendrez que nous puissions légitimement nous interroger sur la crédibilité d’un tel argument.


En effet, les efforts conjugués des élus, des personnels et des usagers ont pourtant permis de sensibiliser un praticien disponible dès le mois de septembre prochain pour assurer la fonction de gynécologue-obstétricien à temps plein. Certes, il ne pourra pas diriger le service de la maternité. En effet, son activité l’ayant conduit à exercer au Canada pour y parfaire sa formation, il n’a pu faire valider son diplôme. Cette situation anecdotique ne peut cependant remettre en cause l’expérience et la capacité professionnelle qui sont les siennes, d’autant plus que nous avons désormais l’assurance qu’un praticien hospitalier ambertois est disponible pour assurer la chefferie du bloc « chirurgie- maternité obstétrique ».

Nous avons certes noté avec intérêt que vous n’avez pas évoqué de calendrier pour l’arrêt des accouchements à Ambert. C’est pourquoi, je vous demande solennellement qu’un délai d’un an soit accordé afin d’expérimenter la proposition que nous vous avons exposée au cours de notre entretien, et que je vous rappelle dans ce courrier. Au terme de cette année, nous pourrions faire ensemble un bilan d’activité et répertorier les éventuels risques qui en auraient découlé pour la sécurité des patientes. Ainsi, c’est en toute objectivité que nous pourrions alors décider du maintien des accouchements ou de l’évolution du service en centre de périnatalité.

Par ailleurs, je vous propose que nous mettions à profit ce délai d’un an pour engager un vrai travail d’équipe avec les centres hospitaliers de Thiers et Clermont-Ferrand afin d’accompagner la pratique des équipes médicales de la maternité et d’assurer une sécurité maximale des patientes. Une telle évolution créerait également les conditions pour une mise en place non précipitée du Service Mobile d’Urgence et de Réanimation (SMUR).

Sachant qu’elle ne remet nullement en cause les orientations du SROS puisque la validité de ce document s’étend jusqu’en 2011, cette proposition, sensible à l’isolement territorial dans lequel nous vivons, préserverait l’accès de la population à des soins de proximité indispensables pour sa qualité de vie et sa sécurité.

Je me permets d’insister auprès de vous sur le signal fort que représenterait un tel délai pour les habitants du Livradois-Forez. Meurtris par l’affaiblissement et la disparition progressive des services publics, excédés par la saignée ininterrompue de l’activité industrielle et des emplois, ils espèrent enfin un signe de reconnaissance et de respect, conforme aux attentes qu’ils ont exprimées à l’occasion des nombreuses manifestations organisées dans la cité ambertoise.

Je vous informe que j’ai eu aujourd’hui même un échange avec Monsieur Xavier Bertrand, Ministre de la santé et des solidarités. Je lui ai demandé de bien vouloir recevoir au plus vite une délégation dans le but de présenter nos propositions alternatives à la fermeture.

Je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.


André CHASSAIGNE

Pour en savoir plus : communiqué sur le rapport Vallancien,

Imprimer