19-06-2003

Formation des salariés


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M. André Chassaigne - L’amendement 3496 vise à débattre d’une question fondamentale, celle de la formation des salariés et du rôle des comités d’entreprise.
Depuis le début de l’année, plusieurs études montrent que les entreprises retardent d’un an environ la mise en œuvre de leur plan de formation. Les budgets sont réduits et les salariés ont de plus en plus de difficultés à obtenir satisfaction.
Les règles d’attribution des formations sont durcies et de nombreuses sessions reportées. Le directeur des ressources humaines du cabinet Orga Consultant note d’ailleurs : « En rupture avec les années 1995-2000, les entreprises serrent aujourd’hui les boulons », conséquence supplémentaire de l’ouverture de la boîte de Pandore en leur faveur.
Pourtant, il faut faire face aux défis du papy-boom en réduisant les inégalités d’accès à la formation et en créant un droit individuel à la formation tout au long de la vie.
Nous comptons aujourd’hui quatre à cinq millions de salariés quadragénaires dont le niveau de qualification ne sera pas en adéquation avec les besoins.
Il faudra donc engager une véritable politique de formation et de validation des acquis de l’expérience professionnelle. Il s’agit à la fois de sécuriser l’emploi des salariés les plus âgés, d’améliorer la gestion des carrières et d’améliorer l’employabilité des jeunes.
Nous proposons de donner aux salariés, par une réelle implication des comités d’entreprise, un pouvoir sur l’élaboration des plans de formation.
L’amendement 3496, repoussé par la commission et par le Gouvernement, mis aux voix, n’est pas adopté.
[…]

M. Eric Besson - Je reviens sur l’intervention précédente du ministre, qui a cru bon de caricaturer les propos de Jean-Marc Ayrault. Le projet du Gouvernement repose sur l’hypothèse d’une baisse du chômage ; seulement, la politique qu’il mène aura l’effet inverse à celui escompté, comme on s’en rend déjà compte, puisque le chômage va franchir la barre des 10 % avant la fin de cette année. Puisque vous voulez un débat utile, Monsieur le ministre, commencez donc par vous appliquer à vous-même les exigences de vérité et de vertu que vous attendez des autres ! (Protestations sur les bancs du groupe UMP) Ne faites pas dire au Conseil d’analyse économique ce qu’il ne dit pas ! Pour l’avoir lu intégralement, je sais combien il est nuancé, et que ses arguments peuvent apporter de l’eau à bien des moulins. Mais, contrairement à ce que vous avez dit, ce rapport situe la France dans la moyenne des pays européens en matière de compétitivité. Et contrairement à vos assertions, la compétitivité de notre pays ne s’est pas dégradée entre 1997 et 2002 (Exclamations sur les bancs du groupe UMP) ; mieux : elle a progressé par rapport à la période 1993-1997 ! (Protestations sur les bancs du groupe UMP) Du reste, je ne comprends pas l’acharnement mis par les ministres de votre gouvernement à dénigrer les performances de l’économie française, le premier d’entre eux allant se livrer à cet exercice jusqu’au Québec, en se moquant, à l’étranger, d’une France supposée paresseuse ! (Vives protestations sur les bancs du groupe UMP) Mais les mânes des grands gaullistes doivent frémir ! (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)
M. Jean Proriol - Mais lisez donc le rapport Charzat !
M. André Chassaigne - Je ne comprends pas l’attitude du rapporteur, qui refuse les uns après les autres toutes nos propositions, et qui finira par nous dire, soyons-en sûrs, que les plats ne sont pas assez nombreux pour qu’il soit rassasié !
Un député UMP - On peut ne pas les aimer !
M. André Chassaigne - Je ne comprends pas davantage la contradiction qui consiste à refuser cette proposition particulière alors que, dans toutes nos circonscriptions, artisans et PME appellent à des contributions différenciées ! A quoi tend cet amendement, sinon à favoriser les petites entreprises de main d’_uvre ? C’est qu’à chaque fois que l’on cherche d’autres sources de financement de la réforme, on s’entend répondre : « Touchez pas au grisbi ! » (Sourires ; applaudissements sur les bancs du groupe des députés communistes et républicains)
A la majorité de 122 voix contre 32 sur 154 votants et 154 suffrages exprimés, les amendements 3388 et 3391 identiques ne sont pas adoptés.
[…]

Pour en savoir plus : Site de l’Assemblée

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