10-05-2006

Hôpitaux de proximité.

La « fermeture sans délai » de 113 blocs opératoires, préconisée par le professeur Vallancien, crée une vive émotion parmi les professionnels de santé, les usagers et les élus locaux. C’est particulièrement le cas dans ma circonscription où les 2 hôpitaux de Thiers et d’Ambert sont concernés par les recommandations du professeur Vallancien. J’ajoute que cette émotion est encore amplifiée par la menace de fermeture qui pèse sur de nombreuses maternités, dont celle d’Ambert.

Les politiques de restriction des dépenses publiques, ne cessent d’amplifier, depuis des années, les inégalités sociales et territoriales. Ce sont ces mêmes politiques qui ont encore prévalu dans la rédaction de ce rapport que vous n’avez pas contesté. Sans doute parce que ce document est dans la continuité du plan « Hôpital 2007 » : il confirme que la marchandisation de notre système de santé est sur les rails, avec les reculs qu’elle entraîne.


Alors que nos hôpitaux souffrent d’un sous financement sans précédent de 1,5 milliard d’euros, soit l’équivalent de 23 000 emplois, ce rapport est une véritable catastrophe pour tous les établissements de proximité. Comment pourrait-il en être autrement quand on sait que le rapporteur vient d’affirmer : « Il n’y a pas d’autres solutions qu’abolir le statut public de l’hôpital » ajoutant même : « La France pourrait avoir 15 à 20% de chirurgiens en moins sans que cela nuise aux malades ».

Si les recommandations de ce rapport voyaient le jour, ce serait un coup terrible contre nos territoires, et un coup terrible contre l’accès de tous aux soins de proximité.

Monsieur le Ministre, face au tollé provoqué par les conclusions de ce rapport et par l’asphyxie budgétaire organisée par votre gouvernement, allez-vous enfin faire le choix de donner à nos hôpitaux les moyens financiers, les moyens humains, les moyens matériels permettant à chacun d’accéder à ce droit fondamental qu’est le droit à la santé ?


M. Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités - Le rapport Valencien recommande, pour les hôpitaux effectuant moins de 2 000 actes par an, de considérer si la sécurité des patients et la qualité des actes sont bien assurés. C’est ce que je ferai, animé par la logique du sur-mesure. Je n’enterrerai pas ce dossier, pas plus que je n’ai de plan pour fermer 113 blocs chirurgicaux !

Vous le savez, puisque vous avez discuté avec les représentants de mon ministère au sein des agences régionales d’hospitalisation, et vous n’ignorez pas que, s’agissant des deux exemples que vous avez cités, il est prévu, non pas de fermer les services mais d’organiser des coopérations.

Il n’est pas question de faire des économies en fermant des établissements : les interventions chirurgicales devront de toute façon être prises en charge et remboursées par la sécurité sociale. En revanche, il importe de savoir si la qualité des actes et la sécurité des patients sont garanties. C’est dans cet esprit que nous travaillerons (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP).

Pour en savoir plus : suivi / Corinne Ould’Ameur

P.-S.

Question n° 2726 publiée au JO du 11/05/06
Réponse publiée au JO du 11/05/06.

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