04-03-2003

La question irakienne est aujourd’hui au cœur de l’actualité.

La question irakienne est aujourd’hui au cœur de l’actualité. Mon avis étant souvent sollicité, je tenais donc à exprimer mon opinion sur ce sujet.

Rien ne justifie aujourd’hui les projets d’invasion américaine de l’Irak. Et ce pour de multiples raisons.

Si l’on se place d’un point de vue américain, il est difficilement compréhensible que la lutte contre le terrorisme passe par la destruction d’un pays considérablement affaibli par vingt ans de guerre et d’embargo. Chacun sait qu’il n’existe aucun lien entre cette dictature nationaliste et laïque et l’islamisme radical d’Al Quaeda. Au contraire une attaque américaine en Irak ne pourra que renforcer les racines du terrorisme dans les mondes arabe et musulman. Si la guerre devait avoir lieu, il y aurait des risques majeurs de déstabilisation du Moyen Orient et du monde.

Il existe en outre un risque réel que les projets d’invasion militaire de l’Irak, conjugués au soutien de George Bush à la politique criminelle d’Ariel Sharon en Israël et au caractère intégriste chrétien de ses discours, conforte cette détestable idée de « guerre entre civilisations » que nous devons tous combattre. C’est de l’échange et du dialogue que les cultures s’enrichissent, pas de leur affrontement.

Plus fondamentalement je crois en la paix. Notre histoire foisonne trop de guerres pour que nous ignorions les implications d’un conflit militaire et la grandeur de la paix. Combien de personnes, femmes et enfants, mourront sous les bombes américaines ? Combien d’écoles, d’hôpitaux ou de centrales électriques seront détruites ? C’est ce pacifisme qui me pousse, avec les parlementaires communistes, à demander que soit convoquée une conférence mondiale sur le désarmement. Militer pour la paix suppose d’organiser la destruction des armes de destruction massive de toutes les puissances militaires de la planète.
Enfin, comment ne pas voir, derrière les bons sentiments affichés par messieurs Bush ou Blair, les intérêts des grandes compagnies pétrolières ? Ce conflit n’est-il pas aussi réclamé par les marchands d’armes, désireux d’expérimenter sur les populations civiles leurs dernières découvertes ? Jean Jaurès disait que le capitalisme portait en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. Comme il est cruel de constater à quel point, encore aujourd’hui, ce grand homme avait raison.

Ce qui me paraît le plus inquiétant c’est que les Etats-Unis semblent définir une stratégie impérialiste globale très dangereuse pour la planète. Bien que menée au nom de grands principes, cette croisade vise avant tout à assurer l’hégémonie politique, économique et culturelle des élites américaines sur le monde. Les nouveaux dirigeants américains semblent en outre, lorsque ce modèle ne parvient pas à s’imposer pacifiquement, être prêts à l’imposer militairement.

Je salue donc les efforts faits par le président Chirac pour éviter ce conflit, en espérant que, le moment venu, il n’hésite pas à utiliser le droit de veto de la France à l’ONU. Ces efforts permettent au moins de donner un minimum de dignité et de crédibilité à notre vieille Europe. Mais pour éviter ce conflit nous devrons aussi compter sur la mobilisation populaire, en France et dans le monde. Je resterai, comme je l’ai été depuis le début de la crise, aux côtés de ceux qui se mobilisent et manifestent contre les desseins criminels de George Bush et pour un monde plus pacifique.

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