15-03-2007

Musée départemental de la céramique de Lezoux

André Chassaigne n’a pas pu participer à l’inauguration du Musée départemental de la céramique, qui a eu lieu mercredi 14 mars 2007. Retenu à Paris pour une réunion qu’il présidait, il s’est fait représenter par son suppléant Claude Nowotny.

Dan sa lettre d’excuses au Président du Conseil général, il a exprimé ses regrets de ne pas être présent :
Je regrette vraiment de ne pas pouvoir participer personnellement à cette importante manifestation : le grand intérêt de cette réalisation du Conseil général du Puy-de-Dôme n’est pas à démontrer et l’implication de la commune de Lezoux a été remarquable.
A cette occasion, j’ai aussi une pensée pour un ancien camarade, Roger PINEL, longtemps élu municipal, qui fut directeur du Cours complémentaire et initiateur de nombreuses recherches sur la céramique de Lezoux… Dès 1950, il avait proposé la création d’un musée de la céramique à Lezoux !
Je joins quelques extraits d’un ouvrage qu’il avait fait paraître sur « Lezoux et ses environs »
.


Extraits de l’ouvrage de Roger PINEL « Lezoux et ses environs » - Notes d’histoire et de géographie locales - 1950

Dès la première page de son livre, Roger Pinel écrit :

« En remuant le sol, il n’est pas rare de déterrer des pierres polies par des hommes, des débris de poterie ancienne, des pièces d’autrefois. Quelques collectionneurs conservent soigneusement chez eux ces vestiges du passé.
Si tout ce qui a été trouvé dans notre petite région était rassemblé et classé dans un MUSEE COMMUNAL, à Lezoux, des promeneurs curieux s’y arrêteraient certainement quelques heures
 ».

Puis, sur l’Arvernie, devenue province de la Gaule Romaine, il explique :

« Lezoux est un centre de fabrication de la poterie.
Chaque jour pendant de longues heures, les esclaves marqués au fer rouge peinent sous la menace du fouet.
Les terrassiers pellent et piochent dans des carrières ou dans des puits ; d’autres trient la glaise, la chargent, la conduisent près des bassins de Pafréchas où elle est lavée, piétinée, tamisée.
Les façonneurs sous les auvents courbés sur leurs tours et leurs moules font des vases. Ils les poinçonnent, au fond, de leur nom. Ils seront punis, si après la cuisson, ce qu’ils ont fait n’est pas jugé satisfaisant.
Les vases, d’abord alignés sous les hangars, sèchent.
Placés dans les fours, ils cuisent deux semaines et sont vernis à chaud avec du sable fondu. Refroidis, ils sont examinés ; les défectueux sont brisés. Les autres, empilés dans des coffres, pris en compte par des fonctionnaires, conduits pour être embarqués sur l’Allier.
Le soir après avoir englouti l’écuelle de pâtée, les esclaves descendent par groupes dans leurs caves où ils sont enchaînés. Quelques-uns seulement surveillent les cinquante fours qui fument
 ».

Et surtout, ces phrases sublimes :

 »Aujourd’hui, mil huit cent cinquante ans après cette époque, vous pouvez admirer un de ces vases retrouvés. Comme il est beau ! Son vernis roux luit comme s’il était neuf. Ici, une belle dame sort de son bain, là sur un lit un homme vide une coupe. Visions de bien-être du très petit nombre de privilégiés de ces temps révolus. Ce vase n’a pas conservé l’image du visage maigre, triste, pitoyable de l’esclave qui l’a façonné. Pourtant sur le fond, il y a son nom : LIBERTUS… O ironie cruelle ! pourquoi s’appelait-il ainsi, celui qui ne connut jamais la liberté ?"

Pour en savoir plus : André Chassaigne

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