09-09-2019

Précarité et inégalités alimentaires : nécessité de nouvelles mesures en faveur de l’accès de tous à une alimentation équilibrée et de qualité

Monsieur André CHASSAIGNE alerte Monsieur Didier Guillaume, Ministre de l’agriculture et de l’alimentation sur la croissance des inégalités alimentaires et la nécessité de nouvelles mesures en faveur de l’accès de tous à une alimentation équilibrée et de qualité.

Une étude récente publiée en août 2019 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et de la statistique (DREES) du Ministère des Solidarités et de la Santé, et menée pendant l’année scolaire 2016-2017 vient confirmer la croissance des inégalités devant l’alimentation chez les plus jeunes : « en 2017, 18 % des adolescents en classe de troisième sont en surcharge pondérale et 5 % sont obèses. Entre 2009 et 2017, les prévalences de la surcharge pondérale et de l’obésité sont en hausse, en particulier pour les filles (de 17 % en 2009 à 20 % en 2017) ». L’étude précise notamment que « ces évolutions sont marquées par de fortes inégalités sociales. Ainsi, 24 % des enfants d’ouvriers sont en surcharge pondérale et 8 % sont obèses, contre respectivement 12 % et 3 % des enfants de cadres. […] Les enfants d’ouvriers étant deux fois plus nombreux à déclarer ne prendre un petit-déjeuner que rarement ou jamais […] et […] concernant le repas du midi, 29 % des élèves de troisième ne fréquentent la cantine que rarement ou jamais, cela concerne la moitié des élèves filles ou fils d’ouvriers et 16 % des enfants de cadres. »

En septembre 2018, l’avis du Conseil national de l’alimentation portant sur l’alimentation favorable à la santé pointait lui-aussi le fait que près de 12 % des personnes vivaient dans un foyer en situation d’insécurité alimentaire pour des raisons financières, soit près de 7 millions de personnes. Un colloque conduit par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC) en 2015 évaluait lui, à 32 %, la population totale en insécurité alimentaire quantitative ou qualitative, avec près de 20 % des parents d’enfants de moins de 18 ans qui rencontrent des difficultés financières pour payer la cantine.

L’ensemble des données disponibles confirment le lien étroit entre précarité et insécurité alimentaires et croissance des inégalités sociales. Il apparaît ainsi indispensable de lancer un véritable plan alimentaire national et européen, doté de nouveaux moyens financiers, s’appuyant sur les recommandations de l’ensemble des acteurs de l’alimentation. En particulier, l’extension au petit-déjeuner et la gratuité de l’accès à une restauration scolaire de qualité apparaissent aujourd’hui comme des leviers essentiels pour permettre une action efficace en direction des plus jeunes.

Toute ambition dans ce domaine nécessite de dégager des moyens budgétaires très ambitieux et pérennes notamment à destination des collectivités compétentes en matière de restauration scolaire. Par ailleurs, les projets alimentaires territoriaux et le Programme National pour l’Alimentation ne disposent pas aujourd’hui des moyens suffisants pour impulser et conduire dans la durée de véritables politiques de l’alimentation favorables à la santé.

Aussi, il souhaiterait connaître les actions qu’il compte mettre en œuvre pour lutter efficacement contre la croissance des inégalités alimentaires. Il lui demande notamment quels moyens nouveaux seront mobilisés en faveur de l’extension de l’accès et de la gratuité de la restauration scolaire.


Question écrite adressée le 9 septembre 2019.

Pour en savoir plus : André Chassaigne - JB

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