19-07-2019

Ratification du CETA : les denrées alimentaires ne sont pas des marchandises comme les autres, susceptibles de servir de monnaie d’échange !

Accords entre l’Union européenne et le Canada

Suite de la discussion d’un projet de loi

M. le président. L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi autorisant la ratification de l’accord économique et commercial global entre l’Union européenne et ses États membres, d’une part, et le Canada, d’autre part, et de l’accord de partenariat stratégique entre l’Union européenne et ses États membres, d’une part, et le Canada, d’autre part (nos 2107, 2124, 2123).

Discussion des articles (suite)

M. le président. Cet après-midi, l’Assemblée a commencé d’entendre les orateurs inscrits sur l’article 1er.

Article 1er (suite)

M. le président. La parole est à M. André Chassaigne.

M. André Chassaigne. J’ai fait un rêve, le rêve qu’il puisse y avoir sur cette planète des échanges entre les peuples et les nations. J’ai fait le rêve qu’il puisse y avoir des coopérations. J’ai fait le rêve que l’on puisse acheter ailleurs et échanger, mais que l’on se pose chaque fois la question des conséquences pour les populations concernées et pour la planète.

J’ai fait ce rêve, mais je découvre aujourd’hui, et j’en suis atterré, qu’au lieu de créer une nouvelle société et un nouveau monde, vous vous appuyez sur une théorie économique qui date du début du XIXe siècle. Élaborée par David Ricardo, qui a travaillé sur les avantages comparatifs, elle consiste à acheter là où le prix est le plus faible, quelles qu’en soient les conséquences. Voilà ce que vous défendez ! Or cette théorie économique est complètement dépassée.

La réflexion sur le CETA a été initiée dix-sept ans après le sommet de la Terre de Rio de Janeiro et un an après le Grenelle de l’environnement, qui avait marqué le début d’une prise de conscience. Dix ans ont passé, dix ans de travail, est-il prétendu, pour obtenir cet accord. En définitive, celui-ci ne tient aucun compte des grands enjeux d’aujourd’hui.

Je lance un appel aux députés de la majorité : vous ne pouvez pas vous accrocher à une théorie économique qui bousille les individus, qui bousille la planète, une théorie d’un autre temps, complètement dépassée. Mettez-vous une chose dans la tête : les produits de l’agriculture, les denrées alimentaires ne sont pas des marchandises comme les autres, susceptibles de servir de monnaie d’échange comme le sont les produits manufacturés ! (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR, SOC, FI et LT, ainsi que sur quelques bancs du groupe LR.) L’agriculture et l’alimentation sont des biens communs de l’humanité. Et on n’écrabouille pas le bien commun pour l’intérêt de quelques multinationales ! (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)


Voir toutes les interventions sur le texte ici.

Pour en savoir plus : André Chassaigne - JB

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