06-06-2003

Réforme des retraites

Je dénonce avec la plus grande fermeté l’obstination du gouvernement à imposer aux Français son projet sur les retraites. Pour maintenir un système de retraite par répartition avec un départ à 60 ans et un haut niveau de pension, je continue à réclamer, avec mon groupe parlementaire, le retrait du texte du gouvernement et l’ouverture de réelles négociations avec les syndicats.
Le gouvernement présente son projet comme un texte simplement technique qui serait l’unique solution au problème alors qu’il sacrifie de fait notre système de retraite.
Une bonne réforme devrait au contraire assurer le droit et la possibilité de partir à la retraite à taux plein, à 60 ans au plus tard, avec 37,5 annuités. Pour cela, les périodes non travaillées, telles les études et les périodes de chômage, devraient être validées comme annuités. Quant au montant de la retraite, il doit garantir un taux de remplacement de 75% minimum du salaire.
Une bonne réforme devrait aussi tenir compte de la pénibilité du travail de certains salariés pour gommer les inégalités d’espérance de vie. Enfin, pour rompre avec la baisse du pouvoir d’achat des pensions, il est indispensable que les retraites soient indexées sur l’évolution des salaires (et non des prix).

Mais pour être mise en œuvre, une telle réforme des retraites devrait obligatoirement bouleverser leur mode de financement actuel. Elle exige la réorientation de la politique économique du pays en faveur de l’emploi, la formation, la croissance des salaires…. Il s’agit de sécuriser l’emploi et la formation pour sécuriser les retraites. Dans cet esprit, il faudrait moduler le taux de cotisations sociales en fonction de la part plus ou moins grande des salaires dans la valeur ajoutée globale afin de favoriser les entreprises qui créent effectivement des emplois, augmentent le niveau des salaires et encouragent la formation continue. Les aides publiques bénéficieraient aussi aux entreprises qui embauchent, notamment les entreprises artisanales, premier employeur du pays. En privilégiant les entreprises qui embauchent, en pénalisant la spéculation boursière, les recettes des régimes de retraite augmenteront naturellement.

En revanche, les cotisations patronales devraient être inévitablement augmentées dans les grandes entreprises. Une cotisation additionnelle sur les revenus financiers des entreprises et des banques devrait être instituée. De plus, tous les éléments de rémunération devraient être soumis à cotisation sociale, et notamment les cotisations versées par les entreprises aux fonds d’épargne salariale, qui constituent de fait des fonds de pension cachés.

Il s’agit donc de faire le choix de la croissance et de la solidarité tout en s’opposant aux politiques irresponsables de soumission de notre économie aux marchés financiers. Mais surtout, toutes ces mesures ont un objectif : que les conditions de vie des retraités leur permettent d’envisager le troisième âge comme un véritable et nouveau moment de vie.
Avec mes collègues du groupe communiste et républicain, je continue à défendre ces idées avec la plus grande détermination. Nous l’avons fait en commission, nous continuons à le faire en séance publique. En déposant des milliers d’amendements, nous poussons ainsi le gouvernement à accepter le débat qu’il refuse et à répondre à nos propositions.

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