05-12-2003

Situation du bassin de Thiers

La réunion organisée à Thiers le Vendredi 14 novembre 2003, à l’initiative du PCF, a permis de dialoguer avec les salariés des entreprises touchées par les licenciements collectifs sur le bassin de Thiers.

Le constat est effectivement alarmant, la situation n’a jamais été aussi grave depuis 1993, année qui avait enregistré environ 500 licenciements. J’ai interpellé à de très nombreuses reprises les représentants de l’Etat et, directement, le gouvernement, pour exiger une intervention urgente des pouvoirs publics sur le bassin de Thiers. Malgré ces demandes, notamment celle, pourtant consensuelle, d’un contrat de site, aucun moyen financier étatique n’est proposé pour remédier à la situation. J’ai également demandé, le 14 novembre dernier, que soit décrété un moratoire sur les licenciements dans la région de Thiers, afin de forcer les acteurs économiques à prendre acte de la gravité de la situation et à accepter de discuter de solutions durables à mettre en place sur la région en faveur de l’emploi.

La demande de contrat de site, à mon initiative, a été en partie relayée par le Préfet de Région et le Sous-Préfet de Thiers. Une démarche constructive est initiée, par les tables rondes qui se déroulent en sous-préfecture depuis le 4 juillet, et qui ont permis, dans un premier temps, d’obtenir un financement du Conseil Général du Puy-de-Dôme et du Conseil Régional d’Auvergne pour un diagnostic territorial. Cette initiative a pour objectif la présentation dans les trois mois qui viennent d’actions à mettre œuvre avec simultanément la recherche des fonds qui permettront de les financer. Bien entendu, nous ne pourrons nous contenter et nous satisfaire des démarches entreprises. Dans le cadre actuel, les politiques proposées (notamment les allégements de cotisations sociales ou la proposition du CR d’instituer une zone franche) ne régleront évidemment pas le problème. Mais elles peuvent constituer un premier pas permettant une mobilisation de tous les acteurs économiques de la région au service de l’emploi et de la formation. C’est pour cela que j’ai insisté pour que les représentants des salariés, les organismes bancaires, et la grande distribution soient associés à cette réflexion. Parce que les salariés doivent être impliqués dans la définition des orientations économiques qui sont décidées. Parce qu’il est vital d’exiger des banques une réorientation des politiques de crédit qui cesse de jouer en permanence la finance contre l’industrie et l’emploi. Parce que la responsabilité des grandes surfaces est grande dans la crise des débouchés à laquelle sont confrontés les industries de Thiers.

Nous avons besoin de prendre conscience de l’ensemble des mécanismes qui conduisent les travailleurs au chômage. C’est seulement ainsi que nous pourrons tenter de les modifier et d’y trouver des solutions durables.

Plus que jamais la formation doit permettre aux salariés de trouver des solutions dans les boîtes pour lesquelles ils travaillent, et cette formation doit accompagner le processus de modernisation de leur outil de travail.

Enfin, concernant la délocalisation des machines de DAPTA, et les licenciements probables consécutifs à cette délocalisation, nous ne pouvons qu’être scandalisés de constater que cette entreprise, après avoir été financièrement soutenue à Thiers, compte transférer aujourd’hui une partie de son activité à Cusset, pour bénéficier des aides de l’Etat, mises en place dans le cadre de la restructuration de GIAT Industrie.

Plus que jamais la création d’une commission de contrôle de l’utilisation des fonds publics attribués aux entreprises est capitale. Au vu de la « gapegie » alarmante de certains groupes ou entreprises qui utilisent l’argent public dans des buts uniquement financiers, contre l’emploi et contre les territoires, cette proposition que nous défendons depuis de longues années dans toutes les assemblées où nous siégeons, doit enfin se concrétiser. C’est une des revendications fortes que nous exigeons du préfet dans le dernier courrier que nous lui avons adressé.

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