28-08-2009

La survie de notre agriculture est en jeu !

Communiqué de presse du 27 août 2009

La survie de notre agriculture est en jeu

En annonçant le 3 août dernier son intention de procéder au recouvrement des 500 millions d’euros d’aides accordées aux producteurs de fruits et légumes pour certaines actions de promotion entre 1992 et 2002, le ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, Bruno Le Maire, a suscité la colère des producteurs de fruits et légumes qui connaissent déjà une crise majeure.

Par son acceptation des attendus de la décision de la Commission européenne du 28 janvier 2008, le ministre manifeste avec zèle son soutien aux opposants les plus farouches de toute politique publique agricole. Il incite de fait à la délocalisation de la filière française des fruits et légumes, dont le nombre de producteurs a déjà été divisé par 3 depuis les années 1980. Les producteurs français sont en effet déjà sans revenu face à la croissance vertigineuse des importations des pays tiers aux exigences sociales, environnementales et sanitaires bien inférieures, avec une baisse des prix d’achat de près de 40 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Pour la filière légume, le seul exemple de la carotte, dont les importations ont bondi de 277 % en 10 ans, suffit à comprendre les menaces qui pèsent aujourd’hui sur son devenir.

En assurant au plan national une pleine liberté aux opérateurs de la grande distribution dans la négociation des prix d’achats avec les lois pour « le développement de la concurrence au service des consommateurs » et de « modernisation de l’économie », en acceptant au niveau européen l’élimination des outils de gestion des marchés, le gouvernement fait tout pour liquider les productions françaises. Cette logique est manifestement en contradiction totale avec l’objectif d’assurer un modèle d’agriculture durable pour le XXIe siècle.

Depuis plusieurs années, les producteurs agricoles des différentes filières font preuve de résistance face aux attaques inacceptables dont ils sont les victimes. Ce sont non seulement les producteurs de fruits et légumes, mais aussi les producteurs laitiers, les éleveurs bovins, ovins, de volaille, les viticulteurs… Mais c’est une toute autre orientation politique qui est nécessaire pour les protéger du rouleau compresseur libéral. Aussi est-il indispensable et urgent de promouvoir une nouvelle politique agricole qui replace la question des prix, des revenus agricoles et de la gestion publique des marchés au cœur de l’action française et européenne. La survie de notre agriculture et des territoires ruraux est en jeu !

Pour en savoir plus : dernières questions écrites au Ministre de l’Agriculture

P.-S.

Sur les fruits et légumes :

Sur les producteurs laitiers :

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